Publié le 13 Octobre 2015

« Il y a quelque chose dans l’air de New York qui rend le sommeil inutile »

Simone de Beauvoir l'écrivait en son temps. Aujourd'hui j'acquiesce.

Nous y voilà, New York est derrière moi, digéré et le jetlag est enfin encaissé. L'heure est donc au compte-rendu, aux impressions et aux conclusions la tête froide.

Avant de rallier la grosse pomme, difficile de ne pas se faire de films. New York est un film me disait-on. Un décor de cinéma permanent. On me parlait de la folie de New York et de cette ville incroyable qui allait s'offrir à moi. La question est : s'offre-t-on New York ?

Il est difficile de ne pas écrire de manière excessive sur une ville qui l'est. Je ne vous dirai pas ici si "oui j'ai adoré" ou "non j'ai détesté". New York est au-dessus de ce schéma noir ou blanc (sauf lorsqu'il est question des communautés qui elles, ne se mélangent que très peu). New York s'appréhende différemment et de manière plus complexe. C'est le type même de voyage incroyable que l'on apprécie à sa juste valeur une fois qu'il est passé et digéré. Un film dont on saurait pas dire s'il est un chef-d'oeuvre ou un film tout ce qu'il y a de plus banal au sortir d'une salle de cinéma.

Oui "la ville qui ne dort jamais" est incroyable. C'est un fait. De par sa hauteur, sa densité, sa mélodie qui peut vite devenir une rengaine assourdissante. New York est un Bebop. Un morceau effreiné où les cuivres sont joués par un orchestre d'automobilistes nerveux et la rythmique par cette façon lente et élégante qu'ont les new-yorkais de manier la langue. New York a aussi une élégance cinématographique qui fait de vous l'acteur principal.

Appréhender New York c'est en tout premier lieu, acquérir de nouveaux repères. Si l'on a tous grandi empreints de culture américaine par le cinéma et les séries, cela ne nous abrite pas d'un choc culturel à retardement. A première vue, l'Amérique (et je parle ici de New York, même pas du grand Ouest) nous est familière. Tel ou tel détail que nous passons notre temps à dénicher dans les rues nous rappelle ce film ou cet épisode avec émotion. Les noms nous évoquent des choses. Il y a, pour les amateurs de musique notamment, une sorte de fantasme à l'évocation de noms comme Brooklyn, Harlem ou le Bronx. A première vue donc, tout n'est pas si différent de "chez nous" et Ronald Mc Donald ne nous acceuille pas à notre arrivée sur le tarmac.

Une fois que la ville vous avale, que vous envisagez enfin l'immensité de ce qui vous entoure et que vous vous sentez minuscule dans cette jungle urbaine, vous réalisez les différences entre ce monde là et le monde d'où vous venez. New York est composée de millions de vies, dont la vôtre pendant quelques jours. A bien l'écouter, New York vous crie, entre deux sirènes de police, que vous êtes minuscule en son sein, dans cette ville-monde où tous les peuples de la planète vivent. Oubliez le multiculturalisme que vous pensiez connaître en Europe. New York est LA ville-monde. Là où toutes les langues s'entre-mêlent et se fréquentent. Une tour de Babel qui tutoie le ciel de Manhattan, et que là-bas en Amérique on appelle "Empire State Building" ou "One World Trade Center". Le genre de tour qu'on n'abat pas car ses fondations sont bien trop solides.

J'ai compris que New York était une question de temps. De notion de temps. Le temps que vous passerez à faire la queue au contrôle des passeports à l'arrivée est sans doute plus long que tout ce que vivrez dans cette ville. La ville ne dort jamais oui car elle n'a pas le temps de dormir. Tout n'est que vitesse. Le choc est assez fort lorsque l'on vit dans une ville européenne qui prend pour le coup des allures de village. Le métro roule à une allure folle. Les lignes express permettent de vous rendre encore plus vite à votre destination. Le temps passé dans le métro est une aubaine pour les new-yorkais qui en profitent pour fermer les yeux et dormir. Le new-yorkais avance, court, pédale et ne se retourne pas. C'est sans doute ce qui fait sa force et ce qui lui a permis de rebondir dans des circonstances difficiles. "Time is money" selon le célèbre dicton. Avoir le temps est bel et bien la plus grande des richesses à New York.

Comme indiqué plus haut, New York, rendez-vous du monde entier, est un monde en soi tout en étant deux mondes à la fois. Loger à Brooklyn est un luxe qu'il ne faut pas se refuser. Cela permet de souffler le soir venu, d'arpenter des quartiers plus humains et de fréquenter la population locale au plus près. Manhattan est l'autre partie de ce monde que certains préfèreront.

New York est, pour conclure ces considérations toutes personnelles et qui n'engagent que moi, une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie. Parce que New York fait partie de ce patrimoine que notre humanité partage, parce qu'il est bon de découvrir de ses propres yeux cet univers fou et familier à la fois, nécessaire de comprendre comment s'est bâtie l'Amérique et ce que l'homme a pu parachever de gigantesque avec ses mains et son esprit. Parce que la vie est une musique et que New York est une mélodie qui se retrouve sur les lèvres de tous ces new-yorkais qui chantonnent dans les rues et le métro. Ce n'est pas un luxe qu'on s'offre, c'est une expérience à vivre muni de vos 5 sens les plus aiguisés.

Alors ai-je aimé ou non New York ? La question ne se pose même plus. New York n'en est plus au point de s'aimer ou non. New York fait partie de l'ADN de l'humanité et est donc en vous, en moi, en nous. Plus d'une semaine après mon retour, je suis toujours à me demander quel terme qualifierait le mieux cette ville. Et je crois que je me poserai encore la même question dans quelques années sans jamais trouver de réponse. Elle se trouve peut-être dans la jovialité et la gentillesse des new-yorkais. Elle se cache peut-être dans quelque chose d'aperçu là-bas et pas encore réalisé.

Entre New York et moi, c'est donc compliqué mais ça n'en est que plus vrai.

« Il y a quelque chose dans l’air de New York qui rend le sommeil inutile »

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Rédigé par AdB

Publié dans #New York, #voyage

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Publié le 16 Juin 2015

Des voyages en bulles - On va pas tous aller bosser au Luxembourg!

Florange, une petite localité lorraine mais surtout un nom rendu célèbre. Une célébrit´ dont les ouvriers de la sidérurgie locaux se seraient surement bien passés. Symbole des promesses oubliées par les politiques et symbole de la lente agonie de cette région minière autrefois prospère.

"Florange, une lutte d'aujourd'hui" de Tristan Thil et Zoé Thouron nous plonge dans cet univers, à la rencontre des acteurs de ces luttes ouvrières. Le récit est mené par Tristan lui-même, journaliste de son état. Tout commence en 1982, année de sa naissance à Metz et année également des premières fermetures à Longwy non loin de là. 30 ans plus tard, la lutte est identique, le journaliste nous mêle aux combats de petites gens destinés à sauver leurs emplois et préserver une tradition séculaire dans la région. Gandrange, Hayange, Uckange "une course contre la montre dans une région où les usines et les hommes meurent un peu plus vite qu'ailleurs". Un voyage que vous propose Face B, cette fois non pas au sens touristique mais au sens social et profondément humain.

Un voyage qui se heurte aux promesses oubliées du candidat Sarkozy en 2009. Un voyage où l'on croise l'homme d'affaires indien Mittal, mais aussi Edouard Martin, le plus célèbre des syndicalistes en lutte, ou encore un prêtre témoin de la lente agonie du petit peuple de l'acier. Une galerie de portraits riche et nécessaire pour comprendre la situation qui fut celle des hauts fourneaux lorrains. Un parallèle se fait également avec la propre histoire personnelle du personnage principal. Pas de plage ou de dépaysement donc, mais uniquement une plongée dans des destins individuels qui ne peuvent pas laisser indifférent. Un rappel utile de cette capacité qu'a l'être humain à combattre et survivre même lorsque l'espoir ne se résume plus qu'à un dernier piquet de grève. "On va pas tous aller bosser aux Luxembourg!"

2012, visite du candidat Hollande, de nouvelles promesses faites sur le toit d'un camion et cette merguez offerte pour un moment gênant. Des ouvriers crédules et d'autres en pleine désillusion. Mobilisation, résistance, toutes les phases de la lutte sont répertoriées dans cet ouvrage en noir et blanc, comme si l'absence de couleurs collait encore mieux avec l'atmosphère de survie générale. Le trait de Zoé Thouron va à l'essentiel, sans fioritures, axé sur l'humanité et l'inhumaine mondialisation.

"Ceux qui étaient censés nous aider sont en train de nous assassiner. La trahison continue." déclare Edouard Martin en 2012. "Florange, une lutte d'aujourd'hui" immortalise le temps d'une BD, cette bataille perdue d'avance dont l'oubli ne ferait que définitivement l'achever.

Des voyages en bulles - On va pas tous aller bosser au Luxembourg!
Des voyages en bulles - On va pas tous aller bosser au Luxembourg!

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Rédigé par AdB

Publié dans #des voyages en bulles

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Publié le 3 Juin 2015

Le Palatinat, panorama d'un petit coin de paradis

Face B vous emmène aujourd'hui vers un petit bout de terre coincé entre la France, le Luxembourg et la vallée du Rhin.

Le Palatinat, ou plutôt Rhénanie du Nord-Palatinat, est une région allemande atypique. Située à quelques encablures de la Lorraine et de l'Alsace, elle représente une destination parfaite pour une échappée de fin de semaine ou pour un séjour plus long.

J'ai eu la chance de m'y rendre grâce à un couple d'amis (dont le photographe) et ai découvert une région acceuillante et des gens chaleureux.

Le Palatinat cultive sa différence en Allemagne. On revendique clairement les influences françaises jusque dans le langage et le savoir-vivre. Alors que l'Allemagne (à quelques exceptions près) cultive l'amour de la bière, le Palatinat lui préfère le vin. Vignes à perte de vue et domaines de renom, la route des vins constitue d'ailleurs une belle escapade pour les randonneurs, baroudeurs et amateurs de vin. Les dégustations sont généralement les bienvenues. On découvrira alors des vins de grande qualité, notamment dans les cépages de Riesling ou Gewürtzraminer. La route est également ponctuée de jolis villages qui valent le coup d'oeil.

Pour s'y rendre, il faut compter un petit peu plus d'une heure depuis Strasbourg et 4 heures de train depuis Paris. De Marseille et Lyon, la SNCF vous emmène directement à Karlsruhe d'où des trains régionaux vous emmèneront à travers la région.

Plutôt que de longs discours, je vous laisse découvrir le panorama ci-dessous (cliquez sur les photos pour les voir en grand).

Crédit Photo : Stx Art.

Le Palatinat, panorama d'un petit coin de paradis
Le Palatinat, panorama d'un petit coin de paradis
Le Palatinat, panorama d'un petit coin de paradis
Le Palatinat, panorama d'un petit coin de paradis
Le Palatinat, panorama d'un petit coin de paradis
Le Palatinat, panorama d'un petit coin de paradis
Le Palatinat, panorama d'un petit coin de paradis
Le Palatinat, panorama d'un petit coin de paradis
Le Palatinat, panorama d'un petit coin de paradis
Le Palatinat, panorama d'un petit coin de paradis
Le Palatinat, panorama d'un petit coin de paradis
Le Palatinat, panorama d'un petit coin de paradis

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Rédigé par AdB

Publié dans #allemagne, #traditions, #terroir, #voyages & saveurs

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Publié le 24 Mai 2015

Retour à Istanbul
Retour à Istanbul

Voilà au minimum 4 ans que j'avais quitté Istanbul, le coeur serré, sans savoir quand mes pas allaient m'y ramener un jour.

C'est désormais chose faite. Le temps d'un long week-end, j'ai retrouvé ma bien-aimée cité du Bosphore comme si je ne l'avais jamais quitté. Du moins, tel fut le ressenti émotionnel car en ce qui concerne la réalité factuelle, elle est toute autre.

Istanbul est une mégalopole mégalomaniaque. On le lit, on le dit et on le sait. Sa gloire d'autrefois trouve aujourd'hui écho dans le faste que veulent lui redonner les politiques désireux de concrétiser en dur leurs idées de grandeur nationale et de se rendre toujours plus populaires.

20 mai, il y a quelques jours. Arrivée à Sabiha Gökçen, l'aéroport anatolien. Le bus qui m'amène vers Taksim effectue un trajet d'environ 40 minutes. Des deux côtés de l'autoroute, des constructions, des quartiers, nouveaux pour la plupart et des affiches pour des complexes immobiliers luxueux qui offrent un avenir radieux. A mesure que le Bosphore approche, les bâtiments se font de plus en plus démesurés. J'ai été frappé par le nombre de gratte-ciel en construction. Istanbul se développe un peu plus chaque jour dit-on. Ces paysages en sont la preuve visuelle. On construit aussi bien à l'horizontale qu'à la verticale. Ces hautes tours permettent à des noms de banques ou d'entreprise d'être vus de loin, de très loin, scintillant dans la nuit noire. Tout à côté de ces monstres d'acier, les immeubles vétustes comptent le temps qui leur reste à vivre, réfugiés fébrilement derrière drapeaux turcs et bannières à la gloire d'Atatürk pendues aux fenêtres. Période d'élection oblige, les façades sont recouvertes de visages radieux, promettant un destin encore plus riche à la patrie. Selon les quartiers, les tendances politiques se distinguent au nombre d'affiches et banderoles. L'AKP du premier ministre Erdogan rafle la mise sur le chemin de l'aéroport au centre de la ville. Ici on vote massivement pour le parti religieux modéré. Pas un seul visage d'Erdogan cependant, qui pourtant aimerait un jour lui aussi figurer encadré dans chaque boutique, à chaque fenêtre tel Kemal le père de la nation turque toujours autant vénéré par jeunes et anciens.

Cette passion pour cet homme est toujours frappante. On se réclame d'Atatürk pour faire prévaloir des valeurs telles que la laicité chez les jeunes. A voir cette adolescente porter son portrait sur son t-shirt, le français que je suis ne peut s'empêcher de tiquer. Si l'on voit l'ancien président Chirac devenir une figure cool dans la mode, j'essaye d'imaginer une adolescente porter un t-shirt très sérieux à l'effigie du général de Gaulle ou de Jean Jaurès. Autre pays, autre histoire, autre culture et autres combats aujourd'hui.

Période d'élection donc. Dans chaque quartier, à chaque carrefour, des camionnettes hurlent de la musique grinçante pour attirer l'attention du passant. CHP, HDP, AKP et j'en passe. Tout cela créé un brouhaha détonnant, dans une ville déjà résolument bruyante.

Taksim, coeur battant d'Istanbul l'européenne. Depuis les événements de Gezi, l'immense place est bloquée à la circulation. L'énergie incroyable qui se dégage de Taksim et de ses ruelles est intacte mais on sent que quelque chose a changé malgré tout. La jeunesse progressiste d'Istanbul n'y a plus forcément établi son bastion. Celui-ci s'est déplacé à Besiktas, plus bas sur le Bosphore, le quartier rebelle de toujours et lui aussi symbole au centre des événements de Gezi. Taksim est aujourd'hui plus une vitrine, un drapeau qu'on agite pour faire valoir l'énergie nocturne de la ville sans vraiment y conserver le supplément d'âme que j'ai pu trouver il y a 5 ou 6 années. Taksim est un symbole mais le drapeau de la liberté y flotte uniquement pour le symbole. Sur l'immense rue Istiklal, bondée de jour comme de nuit, on se croise, on fait du shopping, on chante et on danse la nuit venue, on bat le pavé comme si on se devait d'être là, pour que Taksim reste Taksim et que le camp de ceux qui voudraient voir cet Istanbul là disparaître ne l'emporte pas.

L'âme est donc aller prendre ses quartiers dans d'autres recoins de la ville. Ces événements de Gezi ont marqué les esprits et ont instauré une rupture entre deux camps. Et ces deux camps se fréquentent, se croisent et se tolèrent, au nom de valeurs communes malgré tout.

Les conservateurs ont remporté quelques victoires symboliques sur l'Istanbul que j'ai connu. L'affichage de marques alcoolisées (même turques) est interdit. Sur les façades des "Tekel", ces petits magasins de nuit, on a comme effacé à la va-vite les sponsorings de bières locales, tout en laissant le fond bleu caractéristique d'une marque bien connue et dont on a pas besoin de voir le nom écrit en toutes lettres pour autant. A 22 heures, on arrête la vente d'alcool dans les Tekel dont c'est la fonction principale pourtant. La victoire des conservateurs n'est pourtant que cosmétique car en bon voisinnage, les Tekel continuent la vente d'alcool au-delà de cette heure limite, aux personnes du quartier. A mes questions à ce sujet, mon amie sur place me dit ne pas lire la presse, ne pas regarder la télé à ce sujet. Sa vie continue comme il y a quelques années et elle ne porte que peu d'intérêt à la politique. Ses combats sont ailleurs. Une autre amie elle s'étonne et se scandalise des sommes dépensées par les politiques pour l'affichage à l'approche des élections. La pauvreté est là, bien présente, et pourtant, les rues sont inlassablement décorées de guirlandes colorées de tous les partis. A l'échelle de cette ville immense, on en imagine en effet le coût.

Qu'en pense cette famille de réfugiés syriens assise par terre, le regard dans le vide, tout près du très touristique palais de Dolmabahçe. J'en sais trop rien mais je sais aussi reconnaître la détresse sur le visage de ces personnes. Cela fait particulièrement réfléchir sur le provisoire, alors qu'autour de cette famille se pressent travailleurs et hommes d'affaire, ne vivant même pas le moment. Sans doute des personnes qui se réjouissent "de ne pas voir le temps passer" alors que le temps est un luxe dont on devrait profiter.

Istanbul a donc foncé. En quelques années depuis mon dernier passage, les chantiers ont poussé, ont creusé des trous béants à deux pas de Taksim. On construit, du neuf, du clinquant pour une clientèle aisée venue des pays du Golfe. Les chantiers ont modifié même des coins que je pensais pourtant connaître, au point de ne plus m'y retrouver.

Et dans tout cela, les gens d'Istanbul continuent leur chemin. Je ne sais pas s'ils réalisent les changements s'opérant autour d'eux. Et même sous eux puisqu'aujourd'hui, une ligne de métro relie l'Asie et l'Europe, creusée sous le Bosphore. Cela n'émeut que très peu le pêcheur d'Arnavutköy qui ne voit pas sa vie changer du tout au tout et dont le souci principal est de faire des bonnes prises.

C'est justement là que réside le secret d'Istanbul. Cette ville est une mosaiques de petites vies. Chacun mène sa barque à son rythme et la gère dans cet environnement incroyable. Car toutes ces innovations n'arrêteront jamais le balai des bateaux sur le Bosphore, transportant des milliers de personnes chaque jour depuis X années. Il y a cet Istanbul qui change à toute allure et cet autre Istanbul qui ne bouge pas, fidèle à ses principes et pétrie de certitudes, éclatante de beauté et plus que jamais décidée à vous mettre un genou à terre.

Tels des témions imperturbables du temps qui passent, chats et chiens errants d'Istanbul sont à l'image des stambouliotes qu'ils côtoient, évoluant dans un milieu en fusion avec un certain détachement mais un intérêt certain. Une fusion dans laquelle on se replonge toujours avec délice. Revoir Istanbul consiste simplement à redécouvrir avec émerveillement toutes ses beautés, sans jamais se lasser et avec le même éclat que la première fois. C'est là la force de cette cité. Cette unique beauté ne lui sera jamais ôtée et ne vous lassera jamais.

Car oui il faut se le dire et l'accepter. On peut lui reprocher d'avoir changé ou de grandir mais Istanbul, c'est simplement toutes les facettes de la vie et également un amour pour la vie.

Retour à Istanbul
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Rédigé par AdB

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Publié le 6 Mai 2015

Des voyages en bulles - Mais que vient faire Babylone en Jamaïque ?
Des voyages en bulles - Mais que vient faire Babylone en Jamaïque ?

Une meilleure amie c'est important, c'est même primordial pour son bien-être. Ca vous rappelle à tout instant le vrai sens du mot Amitié et sa valeur. Une meilleure amie c'est aussi à l'écoute, tellement à l'écoute qu'une fois le jour de ton anniversaire arrivé, la voilà qui vous offre la BD sur laquelle vous aviez louché depuis un moment. C'est ainsi que "Dispersés dans Babylone" est arrivé entre mes mains un soir d'avril dernier.

Quel est le rapport entre le Reggae et le Judaïsme ? Pourquoi tant de références bibliques chez ces artistes jamaicains ?


C'est la question que se pose Jérémy Dres. L'auteur nous emmène en quête de réponses dans un voyage musical et mystique, sur les traces des rastafaris et aux origines du Reggae, au coeur de l'histoire récente de l'Ethiopie. Le tout en essayant de démêler la complexité du Judaïsme et de ses différentes branches et couleurs.

Bien sûr, ne comptez pas sur moi pour vous révéler sur un plateau la réponse tant attendue. La réponse se trouve dans le bouquin et je vous invite vivement à vous faire votre propre avis.

La question est complexe et mérite que l'on s'y intéresse. Jérémy Dres, lui-même de confession juive et grand amateur de reggae depuis l'adolescence (le sujet est abordé avec humour) en fait une quête personnelle, dans laquelle il nous embarque avec pudeur et sans voyeurisme.

Cet ouvrage atypique se présente donc comme une recherche tout-terrain. Tout cela nous offre une plongée très documentée dans des destins peu connus de personnages new-yorkais ou éthiopiens, parfois entre mythes et réalités.

Chaque début de chapitre s'ouvre joliment par une pleine page faisant référence à un morceau Reggae, aux paroles directement inspirées de thèmes bibliques.

Le fil est parfois difficile à suivre tant les informations sont nombreuses. La complexité de cette BD résidait sans doute dans la possibilité de résumer plusieurs mois d'enquête sur le terrain, d'entretiens avec des témoins, en un tout logique et facile à appréhender pour le lecteur novice.

L'amateur de BD, de musique et de voyages que je suis s'est retrouvé malgré tout comblé et la curiosité suscitée par la question posée rassasiée.

Alors à vous qui savez que le reggae ne se résume pas à Bob Marley et à la fumette, cette BD est faite pour vous. Offrez-vous un voyage dont on ne connaît ni le refrain, ni la fin.

Pour ne rien gâcher, sur son site, "Dispersés dans Babylone" nous offre même une bande-son pour accompagner la lecture et une galerie de photos du voyage de l'auteur pour s'évader.

Pour se procurer l'ouvrage, c'est par ici.

Des voyages en bulles - Mais que vient faire Babylone en Jamaïque ?

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Rédigé par AdB

Publié dans #des voyages en bulles, #BD, #Musique

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Publié le 28 Avril 2015

Des voyages en bulles - Chroniques pas ordinaires d'un touriste

Découvrant il y a quelques semaines l'existence de "Touriste", je me ruais dès le premier jour de mon dernier passage en France dans ma librairie préférée pour me le procurer.

Sortie en mars dernier, j'y voyais là LA BD qui allait parfaitement coller avec la ligne de Face B. L'excitation est donc à son comble en feuilletant les premières pages.

C'est plein de poésie et des rêves plein la tête que j'ai refermé le bouquin quelques heures plus tard, littéralement dévoré page après page.

"Touriste" est une adaptation dessinée du bouquin éponyme retraçant les pérégrinations de Julien Blanc-Gras, un voyageur qui revendique son statut de touriste, celui d'observateur qui ne prétendra jamais trouver aucune solution aux différentes situations délicates qui vont se dresser sur sa route. Voyager pour le plaisir de découvrir le monde.

Pour la mise en bulles, c'est Mademoiselle Caroline qui s'y colle. Excellente blogueuse et dessinatrice confirmée, elle est l'auteure de plusieurs ouvrages marquants que vous retrouverez (entre autres chroniques) sur son blog qui ne manque pas d'humour.

Le dessin est un réel bonheur. Les couleurs acidulées frappent dès la couverture. Les pages intérieures nous transportent de part et d'autre de notre planète au gré de couleurs vives et douces à la fois. Le trait est parfois minimaliste mais toujours précis. J'ai particulièrement été frappé par la justesse des courbes du personnage dans ses positions et mouvements. On pourrait croire le dessin naïf, il est en fait totalement maîtrisé dans sa netteté. Le trait est plein de douceur et rend le voyage aussi agréable qu' un vol long-courrier en classe affaires sur un A380 d'une compagnie du Golfe. Les nombreuses séquences comiques sont rendues encore plus efficaces par la créativit´ de Mademoiselle Caroline qui ne manque pas d'imagination et de fantaisie.

Un voyage de 188 pages, tout en beauté, de Colombie au Mozambique, en passant par le Brésil, la Chine, l'Inde ou le Maroc. Le plein de rencontres et d'anecdotes. Le tout plein de considérations sur notre comportement en tant que touristes et de réflexions sur nos comportements occidentaux. Offrez-vous tout ceci pour un prix à peu près dix fois moins élevé qu'un simple Aller-Retour pour Marrakech !

J'ai également été personnellement marqué par la profondeur de certains passages dans "Touriste". Des citations qui trouveront un écho certain chez tout bon voyageur ou amoureux de notre Terre. Ainsi, on apprend notamment qu'il faudrait passer 150 jours dans chaque pays du monde pour envisager tous les visiter dans sa vie.

Alors, qu'attendez-vous ? Encore devant votre écran d'ordinateur ? Ne perdez pas un jour de plus, filez plutôt faire votre sac, et n'oubliez pas de vous munir de ce superbe ouvrage pour vos moments libres. Après tout, comme il est dit dans "Touriste", on ne fait que passer.

Pour vous procurer "Touriste", c'est ici.

Crédit Photos : Touriste, Editions Delcourt/Mirages, 2015

Pendant des années je me suis couché avec un GLOBE TERRESTRE.
Je conçois que cela puisse paraître étrange, les enfants ont d'ordinaire plutôt tendance à s'endormir avec des nounours.
En guise de doudou, j'avais adopté un ballon gonflable et translucide sur lequel était imprimée une carte du monde.
Je me glissais dans mon lit en serrant la planète, je me réveillais avec la terre comme HORIZON INITIAL.

"Touriste" - Julien Blanc-Gras, Mademoiselle Caroline

Des voyages en bulles - Chroniques pas ordinaires d'un touriste

Seul et sans contrainte, j'ai fréquenté un continent pendant des mois.
Je m'étais rendu compte au passage qu'un fleuve était encore plus beau que le tracé d'un fleuve.

"Touriste" - Julien Blanc-Gras, Mademoiselle Caroline

Des voyages en bulles - Chroniques pas ordinaires d'un touriste

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Rédigé par AdB

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Publié le 25 Avril 2015

Rencontre avec Laetitia du fanzine franco-allemand Béton/Beton

Le 10 avril dernier, le fanzine franco-allemand Béton/Beton organisait une soirée pour la sortie de son deuxième numéro. À cette occasion, j'ai rencontré Laetitia, éditrice et coordinatrice de cette revue trimestrielle dédiée à la BD de part et d'autre du Rhin. L'Arlésienne aujourd'hui Berlinoise m'a notamment parlé de son parcours, de Béton et de la BD en Allemagne.

Face b - Qui es-tu Laetitia ?

Laetitia - Je vis depuis deux ans en Allemagne. Je suis originaire d'Arles dans le sud de la France, où j'ai suivi une formation dans les métiers de l'édition afin de devenir assistante d'édition. Ma culture BD ne m'a jamais quitté même si c'est quelque chose dont je n'avais pas forcément conscience. J'ai bien sûr lu dans mon enfance des classiques tels que Lucky Luke, Astérix, Tintin, Rahan ou encore Sylvain et Sylvette. Mais c'est grâce à la rencontre d'un bibliothécaire passionné et ouvert que j'ai découvert la BD indépendante, comme les bouquins de "L'Association" par exemple.

Je me suis donc naturellement orientée vers les maisons d'édition de BD, et par mes affinités, vers les maisons indé avec notamment les "éditions Même pas mal" à Marseille, dont j'aime le style irréverencieux.

Et puis c'est à la suite d'un programme d'échange franco-allemand pour professionnels du livre que je suis entrée en stage chez "avant-verlag" à Berlin. Ça m'a permis de nombreuses rencontres dans le milieu de la BD et m'a donné l'occasion d'y prendre part activement. L'ambiance de Berlin m'a plu, j'ai donc décidé de rester vivre ici.

Face b - Quels sont tes projets à Berlin :

Laetitia - J'essaye de faire ma place à Berlin. C'est exactement le bon moment pour faire ce genre de choses (la revue Béton). La BD est un milieu en plein développement. Des tas de choses sont à faire. Je participe notamment à l'organisation du festival berlinois Comicinvasion et au mois de juin, je me rends à Munich pour le festival BD.

Face b - Comment t'est venue l'idée du projet Béton ?

Laetitia - L'idée de Béton m'est venue l'an dernier lorsque j'ai participé à un stage organisé par le deutsch-französisches Forum Junger Kunst. Cet atelier de BD organisé à Leipzig était dirigé par Mawil et Yassine. 10 jours de BD intensive à apprendre des techniques, à créer des histoires avec publication d'un fanzine à la fin de l'atelier. J'ai adoré l'énergie qui se dégageait de cette expérience, le fait que ce soit bilingue et les échanges que cela amenait. J'ai donc eu envie de continuer et c'est ainsi que j'ai ramené l'idée de Beton à Berlin.

Face b - Et par la suite, comment s'est développé le projet ?

Laetitia - J'ai donc réuni mes connaissances, notamment de chez avant-Verlag et je leur ai proposé l'idée de ce fanzine bilingue. Ça a fonctionné, le premier numéro est sorti en janvier 2015 et Béton sortira tous les trois mois.

Face b - Comment se fait le choix du thème de chaque numéro ?

Laetitia - Le thème pour chaque numéro est tiré au hasard dans le dictionnaire. Le premier numéro portait sur le mensonge et le deuxième sur les vétérans. Tous les dessinateurs doivent développer autour du thème choisi et ça créé une cohérence mais permet aussi une vraie variété dans les styles et les points de vue.

Face b - Comment définirais-tu la ligne de Béton ?

Laetitia - Béton est avant tout destiné à créer un pont entre la BD française et la BD allemande. J'espère que ça permettra à de jeunes dessinateurs allemands de se faire connaître en France et vice versa. Certains des dessinateurs de Béton sont pro mais pas la majorité. Tous ces échanges rendent la chose vivante et c'est ce qui est important.

Face b - Qu'en est-il de la distribution du fanzine ?

Laetitia - Pour le moment, on peut compter sur le réseau des librairies berlinoises. Béton n'est pas encore distribué officiellement mais surtout de la main à la main. On a quelques dépôts à Paris, Toulouse et Arles grâce à des contacts. On aimerait toutefois rendre ça plus "pro", plus sérieux, sans perdre notre indépendance. Ça passera dans un premier temps par la constitution d'une asso. Ensuite, on avisera en fonction des demandes de nos lecteurs et des gens avec qui on bosse..

Face b - Comment imagines-tu l'avenir de Béton ?

Laetitia - Que Béton s'agrandisse et accueille toujours plus de dessinateurs motivés. Le numéro deux (paru en avril) compte déjà plus de pages que le premier. Il y en aura davantage encore dans le numéro trois. Il faut bien sûr tenir compte du format limité du fanzine mais pourquoi pas évoluer vers la couleur, et peut-être vers le format magazine ? On ne veut pas aller trop vite, on s'adaptera vraiment au rythme de notre réception auprès du lectorat. Il est important que Béton continue de permettre ce brassage culturel qui nous tient à cœur.

Face b - Tu nous parlais des dessinateurs allemands, qu'en est-il de la culture BD en Allemagne ?

Laetitia - Elle est moins développée qu'en France mais elle est en pleine évolution. Je dirais qu'on est ici dans une situation équivalente aux années 70-80 en France. Il y a plein de choses à faire ! Béton cherche à révéler le terreau artistique allemand aux Allemands eux-mêmes autant qu'aux Français, et à donner un aperçu de la scène indépendante française si riche aux Allemands, qui la connaissent mal. Il y a du potentiel en Allemagne : derrière des auteurs confirmés comme Mawil ou Reinhard Kleist pousse la jeune génération !

Face b - Un petit mot sur Raum B, cette librairie berlinoise qui nous accueille ce soir ?

Laetitia - Mon coup de coeur ! Les filles nous soutiennent depuis le début et j'espère qu'on continuera ensemble. Qu'on continuera à avoir un bon accueil auprès d'une majorité de gens, et qu'on pourra faire connaître autant de dessinateurs que possible.

Le prochain numéro de Béton/Beton sortira en Juin 2015.

Planches originales présentées à la soirée du 10 avrilPlanches originales présentées à la soirée du 10 avril

Planches originales présentées à la soirée du 10 avril

Rencontre avec Laetitia du fanzine franco-allemand Béton/Beton

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Rédigé par AdB

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Publié le 7 Avril 2015

Prora - Une cicatrice sur la Baltique
Prora - Une cicatrice sur la Baltique

Sur l'île de Rügen, la plus grande île d'Allemagne, à un petit peu plus de trois heures de route de la capitale, se dresse face à la mer un immense colosse de béton gris, austère et embarassant.

Long de plus de 4 kilomètres, ce complexe en partie abandonné se trouve sur la commune de Prora, dont le nom reste rattaché à un projet démesuré datant du IIIème Reich et qui évoque aujourd'hui une relique dérangeante pour la région.

Quelques années avant le début de la seconde guerre mondiale, le régime nazi conçoit le projet d'un immense complexe immobilier destiné à accueillir les vacanciers du Reich. 10 000 chambres avec vue sur mer, le tout donnant sur une immense plage de sable fin, longue de 5 kilomètres. À l’exposition universelle de Paris en 1937, l’ensemble des plans de Prora reçut le Grand Prix de l’Architecture.

La guerre éclate, le projet est momentanément abandonné. Il ne sera plus repris jusqu'à la prise de possession des lieux par l'armée rouge qui s'y installe. Vient ensuite l'armée de RDA qui y prend ses quartiers. Du nazisme au communisme, Prora n'accueillera donc jamais les vacanciers à qui le projet s'adressait initialement, destiné à satisfaire le peuple et conditionner les esprits.

En 2011 pourtant, une auberge de jeunesse, une des plus grandes d'Europe, ouvre ses portes au sein d'un des blocs restants de l'édifice entamé en 1936. L'iniative est saluée mais aussi vivement critiquée. L'idée est de ramener de la vie sur cette partie d'une côte baltique très touristique. Les opposants ne sont quant à eux pas à l'aise avec l'idée de cet héritage gênant devenant un lieu de villégiature. Le débat est donc virulent autour du réaménagement intégral ou de la démolition du complexe. Pourtant, depuis 1993, l'ensemble est classé au patrimoine allemand et ne peut donc pas être démoli.

L'impression sur place est très étrange. On ressent un vide. On arrive face à cette immense barre aux fenêtres délabrées, devant laquelle circulent gaiement vacanciers et familles à vélo. Le contraste est radical entre un bâtiment "mort" et la vie de ceux qui le traverse pour se rendre à la plage, ou font le chemin entre la gare de Prora et l'auberge de jeunesse dont la façade repeinte tranche avec le reste du lieu. On peut imaginer facilement le lieu en plein été, grouillant d'activité et empreint d'une ambiance festive. La première impression reste cependant déconcertante. La plage est magnifique mais comment ignorer cette cicatrice immense laissée sur le site ? Et si la meilleure option n'était justement pas de vivre avec cette cicatrice comme l'Allemagne le fait avec son histoire depuis 70 ans ?

Se réapproprier les endroits légués par les heures douloureuses de l'Histoire est une option à laquelle les allemands adhèrent. L'ancien aéroport de Tempelhof à Berlin, construit sous Hitler, en est un bel exemple : le lieu grouille de vie aujourd'hui, les berlinois y vont de leurs loisirs et les pelouses sont devenues un lieu privilégié pour familles et groupes d'amis les soirs d'été. La comparaison s'arrête toutefois là. Tempelhof reste lié à une partie plus "positive" de l'Histoire allemande, devenu par la suite l'aéroport américain permettant le réapprovisionnement de la partie ouest de la ville lors de sa séparation.

Prora ne jouit pas d'un quelconque aspect positif. Construit par les nazis, récupéré militairement par la RDA, il est temps aujourd'hui selon le mairie de la commune voisine de Binz, station balnéaire réputée depuis le XIXème siècle, d'y insuffler de la vie, de tourner la page et d'aménager cet héritage négatif vers un avenir positif.

Chacun se fera son propre avis et les générations futures décideront de son rôle.

Prora, 1937 et aujourd'hui
Prora, 1937 et aujourd'hui

Prora, 1937 et aujourd'hui

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Rédigé par AdB

Publié dans #allemagne, #prora, #berlin

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Publié le 29 Mars 2015

Des voyages en bulles - Fabio et Giovanni, une fratrie italienne

Il y a quelques semaines, Face B vous emmenait à Naples pour déguster ses tranches napolitaines.

Pour cette nouvelle chronique, retour en Italie par l'intermédiaire de deux frères que tout oppose mais qu'un décès va rapprocher. Le puzzle d'une histoire familiale à reconstituer débute alors.

Lionel Papagalli, dit Alfred, signe ici son premier album en solo. Une franche réussite puisque "Come Prima" est désigné meilleur album à Angoulême en 2014.

"Come Prima" retrace donc l'histoire de Fabio et Giovanni, longtemps éloignés et que la mort de leur père va réunir. Difficilement, car comme dans toute chronique familiale, les vieilles rancoeurs ne s'estompent jamais. Le dialogue entre les deux frères, d'abord impossible, s'établit finalement.

La Fiat 500 des deux frangins nous emmène de France en Italie, en traversant les Alpes. Une carte postale de la fin des années 50, de la vie à cette époque. Et puis des rencontres singulières et des souvenirs qui ressurgissent pour retracer le portrait de leur père disparu. L'accent est également mis sur la psychologie très opposée des deux frères et la difficulté qu'ils ont à dialoguer. "Come Prima" permet bien des réflexions sur les secrets que deux membres d'une même famille peuvent cultiver, sur leurs histoires personnelles comme sur leur histoire commune.

Une fresque familiale où un frère autrefois chemise noire est ramené au pays par un frère acharn´ qui souhaite à tout prix respecter la mémoire du père.

Une fresque sociale digne d'un road-movie italien, qu'Alfred a volontiers imaginé comme un hommage au cinéma italien de l'après-guerre.

Le trait est léger et harmonieux malgré des sujets parfois lourds.

Le passé sombre du frère aîné est retracé par des flashbacks dans des pages qui tranchent avec le reste de l'album. Les pages sont muettes et épurées. L'ambiance rompt avec les pages évoquant le voyage dans le temps et l'espace des deux héros.

Une aventure poétique qui amène réflexion donc, mettant aux prises des personnages à fleur de peau, pour un album de haute volée et esthétiquement imparable.

Alfred a son blog. Pour se procurer "Come Prima", c'est ici.

Des voyages en bulles - Fabio et Giovanni, une fratrie italienne

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Rédigé par AdB

Publié dans #des voyages en bulles, #italie

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Publié le 17 Mars 2015

Des voyages en bulles - Les chroniques nippones de Florent Chavouet
Des voyages en bulles - Les chroniques nippones de Florent Chavouet

Florent Chavouet est un talentueux dessinateur de BD, auteur de deux superbes ouvrages sur le Japon, pays où il séjourne régulièrement : Tokyo Sanpo (2009) est un guide de la capitale, à travers des esquisses, des plans dessinés et des conseils très personnels. On retrouve le trait caractéristique et les illustrations colorées de l'auteur français dans Manabé Shima (2010), voyage initiatique à travers tout le pays cette fois.

Ces deux ouvrages sont un must pour tout amoureux du pays du Soleil levant ou tout curieux désireux de le devenir. Qu'on y soit déjà allé ou non, le dessin est captivant et retranscrit exactement le Japon à travers les yeux (et donc le crayon) de l'auteur. Un voyage par procuration au Japon, à moindre coût, mais qui en laissera plus d'un rêveur. Une bonne mise en bouche très personnelle donc ou un beau receuil de souvenirs pour les habitués de l'archipel.

Pour vous procurer les ouvrages, c'est ici et . Sinon, le bonhomme a aussi un superbe blog riche en articles illustrés.

Plus évocateur que les mots, je vous laisse découvrir tout cela en images :

Florent Chavouet dépeint les intérieurs japonais dans le moindre détail et nous propose un galerie de portraits très drôles.Florent Chavouet dépeint les intérieurs japonais dans le moindre détail et nous propose un galerie de portraits très drôles.

Florent Chavouet dépeint les intérieurs japonais dans le moindre détail et nous propose un galerie de portraits très drôles.

Les deux ouvrages nous présentent également les différents aspects de la cuisine nippone

Les deux ouvrages nous présentent également les différents aspects de la cuisine nippone

Illustrations de l'article : tous droits réservés Florent Chavouet

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Rédigé par AdB

Publié dans #des voyages en bulles, #japon

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