vinyles

Publié le 16 Juillet 2014

Berlin - Où écouter quoi et où danser sur quoi ?

Berlin n'est pas une ville limitée à la seule musique électronique qui fait pourtant sa renommée (à juste titre). La particularité plaisante de cette ville est avant tout qu'elle sait mélanger les genres et les styles sans que ceux-ci ne s'entrechoquent ni s'abiment. Transgresser les codes, encore et toujours, sortir les genres musicaux de leurs cases. Berlin encore et toujours.

La vie nocturne change année après année et les lieux ferment aussi vite qu'ils ouvrent. L'éphémère de certains clubs symbolise à lui seul l'état d'esprit de Berlin, qui pourrait se résumer à "danse, fais la fête aujourd'hui et sans limite, qui sait si cet endroit existera encore demain tel qu'on l'a connu ?".

Je ne m'aventurerai bien évidemment pas dans une énième liste des endroits les plus cools où apprécier la scène électronique berlinoise. Je laisse le soin aux autres de le faire. Ce n'est en aucun cas un désamour pour les musiques électroniques mais plutôt car les lieux se font et se défont trop vite pour être recensés. Créer une liste aujourd'hui, c'est s'assurer qu'elle ne sera plus qu'à moitié valable dans un an.

Cependant, pour les amateurs d'autres sonorités et curieux en tous genres, voici un petit répertoire (non exhaustif) de lieux simples ou sophistiqués, petits ou grands, où vous trouverez votre bonheur en fonction de vos envies :

Le Rock, sous toutes ses déclinaisons, a toujours été omni-présent dans la capitale allemande. De Bowie aux punks de Kreuzberg, de la Neue Welle aux concerts monumentaux de la fin des années 80 de part et d'autre du mur. Les amateurs du genre trouveront donc de quoi satisfaire leur soif intarissable. Le Silverwings est un club assez méconnu de nos jours, situé dans l'enceinte de l'ancien aéroport de Tempelhof. Il s'agissait autrefois du bar des officiers américains et Johnny Cash vint y donner un concert. Le cadre est donc authentique et les looks recherchés. La bande son court plutôt des années 50 aux années 70. Dans le même ordre d'idée, avec tout autant de nostalgie et un esprit rockabilly bien comme il faut, le Bassy Club ne se présente plus. Située sur la Schönhäuser Allee, ce petit club alterne concerts et soirées de qualité. Le slogan du club évoque une préférence pour la "Wild music before 1969". Vous ne pourrez pas dire que vous ne le saviez pas.

Non loin de là se trouvait il y peu encore, le White Trash Fast Food. Un restaurant de burgers dans un décor de restaurant asiatique. Une vraie institution berlinoise déménagée il y a peu à Treptow, après de nombreuses années non loin de Rosa-Luxemburg Platz. Le lieu propose également des concerts et des soirées orientées Rock n' Roll. Avouez qu'allier la danse à la dégustation d'un Burger maison n'est pas négligeable. A vous simplement de trouver le bon ordre des choses. Possibilité de se faire tatouer pendant la digestion également.

Les concerts Rock sont assez fréquents et se déroulent dans divers endroits. Le Magnet Club à Kreuzberg alterne concerts et performances dj, le Lido propose une soirée Rock Indie plutôt peuplée par des adolescents et l'Astra est une salle de concert qu'on ne présente plus.

Les afficionados de Jazz sont également nombreux à Berlin. Des lieux incontournables comme le B-Flat ou le A-trane sont des institutions. Berlin propose quasi quotidiennement des Jam sessions diverses et variées. Celle du mardi à l'Edelweiss, dans le Görlitzer Park, est un régal. Attention à arriver tôt cependant car l'endroit est très vite bondé. Les soirées Naked Jazz du batteur américain Eric Vaughn migrent de bars en salles au fil des semaines. Tous les dimanches, elle a lieu au Badehaus Szimpla à Friedrichshain. Le batteur invite régulièrement des musiciens de talent à ses côtés. Vivement recommandé !

Enfin que serait le jazz à Berlin sans ces petits bars plus ou moins fameux offrant une scène pour musiciens amateurs : impossible de tous les citer, mais penchez-vous sur les cas du Sandmann et du Bauchhund à Neukölln.

Si la musique dite "World" (je déteste ce terme fourre-tout) est votre tasse de thé, alors courez à la Werkstatt der Kulturen à Neukölln. Musiques africaines ou sud-américaines, dans un cadre agréable qui propose également des expos et des rencontres de qualité.

Pour finir, si vous vibrez toujours sur les vinyles sixties hérités de vos parents, que vous aimez les tenues des Supremes et vous prenez pour Otis Redding le matin sous la douche, la musique Soul est largement représentée à Berlin au travers de soirées mensuelles qui vous évoqueront forcément quelque chose, de par les flyers accrochés un peu partout en ville au fil des rues. Soul Explosion ou Soul Inn, l'une ou l'autre ou les deux, munissez-vous de votre Mojo et préparez-vous pour une nuit entière de vibrations Soul.

En marge de ces deux soirées plutôt fameuses, un collectif berlinois organise également une fois par mois la soirée Wedding Soul, à Wedding en toute logique. Le lieu vaut le détour et le talent du collectif de djs également. Si les djs de Soul explosion et Soul Inn excellent par leur sélection, ceux de Wedding Soul excellent par leur talent en matière de Dj-ing mais également de choix, qui vont de la Soul classique à l'Afro-beat en passant par du Disco. Coup de coeur !

Le Soul cat est un petit bar de la Pannierstrasse à Neukölln, qui outre son excellent décor, propose un dj tous les soirs. Non loin de là, sur la Weserstrasse, le Fuchs und Elster est un petit club sous-terrain assez chaud, où blues fait bon ménage avec le rock n'roll des sixties et Soul prenant aux tripes. Pour finir enfin, Das Hotel est là aussi une petite salle sous-terraine à Kreuzberg offrant une bonne programmation et des beats bien trouvés ! Last but not least, le Konrad Tönz est un tout petit bar cosy de Kreuzberg où on se détend sur des sélections de vinyles groovy.

Alors vous faites quoi samedi ?

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Rédigé par AdB

Publié dans #berlin, #Musique, #rock, #jazz, #soul, #Vinyles

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Publié le 23 Juin 2014

Berlin - Petites et grandes histoires du disque vinyle à Neukölln

Depuis le 17 mai et jusqu'au 28 décembre prochain, le Museum Neukölln propose une exposition dédiée au disque vinyle, conçue par et pour les amoureux de cet objet en pleine renaissance : Mythos Vinyl.

L'exposition, gratuite, retrace l'histoire de Neukölln (mais aussi de Berlin) au fil de la musique de 1945 à nos jours. Une exposition certes petite mais très fournie et émouvante de par la présence d'objets d'époque prêtés par des particuliers. Le visiteur a la possibilité de louer gratuitement un IPad à l'entrée, qui lui permettra de découvrir des vidéos insolites du Neukölln rock n'roll de même que des explications interactives (en allemand uniquement) sur les différents thèmes abordées.

Couvrant tout un mur, une collection de 50 disques prêtés par des habitants de Neukölln : chacun d'eux a une histoire, évoque un souvenir précis de jeunesse et témoigne de jours plus ou moins heureux. Ecoute et (re)découverte du disque en question, son histoire mais aussi quelques lignes de son propriétaire : avec curiosité et émotion, on constatera l'influence des militaires français de Tegel sur certains jeunes les fréquentant, à travers Moustaki ou Piaf, ou encore de la radio américaine militaire AFN qui influencera durablement le Berlin des années 50-60. On apprendra également comment un dj dans un peep-show à Hambourg découvrit dans les années 70 le funk nigérian à travers sa rencontre avec une prostituée qui lui vendit toute sa collection. Ou encore on imaginera à travers quelques lignes, une bande d'adolescents des sixties découvrant ahuris "Paint it black" des Rolling Stones sur une platine portative quelque part sur la Hobrechtstrasse. Les témoignages replongent dans des destins particuliers : une famille de migrants du sud de l'Italie ne ramena en Allemagne qu'un seul disque dans leurs bagages, toujours là aujourd'hui : The Beatles 1962–1966. Des souvenirs plus ou moins récents mais toujours tellement parlants. Cette partie de l'exposition est particulièrement touchante car derrière chaque 33 ou 45 tours se dissimule un destin que l'on découvre, un épisode bien particulier d'une vie parfois agitée dans le Berlin d'autrefois.

Différentes platines nous sont présentées au fil des vitrines et l'on peut apprécier l'esthétique des différentes décennies. Une partie de l'expo est consacrée aux Beatles, leur influence sur la jeunesse berlinoise en rupture avec leurs ainés mais aussi aux Rolling Stones et leur concert ravageur de la Waldbühne en 1965. Le disco et les changements qu'il a apporté dans l'industrie du disque est également à l'honneur.

Il est également toujours étonnant de découvrir l'histoire de lieux aperçus quasiment quotidiennement aujourd'hui : le magasin de musique Musik-Bading par exemple, sur la Karl-Marx Strasse, de nos jours si désuet, fut autrefois le temple des jeunes acheteurs de vinyles et un établissement hautement rock n'roll.

En somme, aucune excuse pour rater cette superbe exposition, gratuite et tout simplement remarquable.

Pour tout amateur de disques, tout mélomane, pour qui se réjouit de la richesse nocturne et musicale berlinoise actuelle, un must-see afin de constater que la folle jeunesse berlinoise d'autrefois n'a rien perdu de sa superbe.

Museum Neukölln
Alt-Britz 81
12040 Berlin

Bus : M44 ou M46 (Arrêt Fulhamer Allee, moins de 10min depuis Hermannstrasse)

Métro : U7 Parchimer Allee

Horaires d'ouverture : du mardi au dimanche de 10 à 18 heures. Entrée libre.

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Rédigé par AdB

Publié dans #berlin, #Vinyles, #Musique, #expositions

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Publié le 19 Mars 2014

Hambourg au fil du sillon

On connaît Hambourg pour bien des raisons : pour son port, pour son quartier chaud et ses moeurs dépravées, son histoire musicale ou ses clubs de football. Hambourg c'est tout cela à la fois mais bien plus encore.

Les amateurs de musique y trouveront leur bonheur. Ne serait-ce que par les différents lieux propices à écouter de la musique mais aussi pour ceux qui aiment collectionner les disques vinyles. Pour information, même si les chiffres sont à relativiser dans un marché aujourd'hui dominé par le mp3, la vente de disques vinyles est en constante augmentation depuis des années désormais. Si le CD est délaissé, le vinyle a lui l'atout de représenter un objet de collection.

Dans le quartier de Schanzenviertel, au Nord de Sankt Pauli et de la fameuse Reeperbahn, les nombreux cafés portugais offrent un point relais non négligeable pour souffler tant la proportion de disquaires sur quelques rues prend aux tripes.

Slam, Rekord, Groove City ou Zardoz pour ne citer qu'eux. Face B vous propose une ballade triangulaire autour de Shanzenstrasse, au fil du tempo et de vos préférences.

Qu'on se le dise, en Allemagne, si Berlin offre des disquaires plutôt portés sur les musiques électroniques, Hambourg s'oriente plutôt sur les musiques dites "organiques" (en opposition aux musiques "synthétiques"). Jazz, Funk, Soul, Rock, Reggae, Classique, tout y passe, y compris de nombreux bacs consacrés aux musiques électroniques également.

Les amateurs de musique noire se rendront dans la toute petite (mais bien garnie) boutique située Bartelstrasse, Selekta Reggae Record Shop. Le très sympathique propriétaire (et dj au demeurant) sera de bon conseil pour tout ce qui concerne vos recherches en matière de Reggae, Ska, Soul, Funk etc...

La boutique la mieux fournie pour tous les styles musicaux mènera vos pas sur Schulterblatt, en face du célèbre squat "Rote Flora". Le petit magasin tout en longueur, Rekord, offre un choix incroyable de disques d'occasion dans les tous les genres. La minuscule pièce du fond requiert des talents d'archéologue tant il est nécessaire de fouiller dans des bacs trop remplis d'occasions à saisir. Sans ça, tous les genres sont présentés, avec un large choix de disques à prix modiques. Là aussi, les vendeurs seront toujours de bon conseil et disponibles pour vous inspirer.

Plus haut juste après le pont (Schulterblatt 104), la boutique Slam dispose également d'un bon choix dans tous les genres mais la présentation laisse un peu à désirer (bacs trop remplis et donc peu maniables, styles musicaux pas vraiment en évidence). Le chien du propriétaire vaut cependant le détour.

Enfin, quand vous pensez vous en sortir, non, la boutique Zardoz (Schulterblatt 36) vous tombe sous le nez, avec une large vitrine claire qui vous pousse à entrer et à vous perdre encore et encore au fil des pochettes... Ici encore pour tous les goûts, beaucoup de choix, beaucoup d'espace et pour tous les prix. Histoire de vous achever en somme. Un coin livres et un autre avec des films également.

Le jusqu'au-boutiste se trouvant dans le coin un samedi pourra encore pousser le vice aux puces non loin de là, ou même parcourir quelques rues jusqu'au quartier de Karoviertel, où se trouve le non moins appétissant Groove city record shop.

En somme, vous l'aurez compris, pour tous les goûts et pour toutes les bourses (compter entre 3-4 euros pour les premiers prix et 25 euros pour les raretés), votre soif de musique aura bien été étanchée et vous finirez bel et bien votre journée le sourire scotché aux lèvres, avec la nette impression d'avoir touché du bout des doigts, des tranches d'Histoire les unes après les autres.

Hambourg au fil du sillonHambourg au fil du sillon

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Rédigé par AdB

Publié dans #Hambourg, #Disquaires, #Vinyles, #Musique

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