Publié le 26 Février 2016

Naples - Le temps, la vie et le goût

Voyager est un plaisir incomparable. J'y consacre toutes les pages de ce blog et me plonge dans la moindre BD permettant l'évasion. C'est un luxe que certains ne peuvent pas se permettre en fonction des aléas de la vie, j'en suis bien conscient. D'autres n'en font pas une priorité. Soit. Mais voyager en Europe aujourd'hui est accessible. Nous faisons partie d'une génération qui a pu élargir ses horizons sans se saigner. Je parle ici de l'Europe en premier lieu. Aller voir ailleurs est le meilleur moyen de se retrouver, de se comprendre et de s'informer de manière beaucoup plus intéressante qu'au travers de la petite lucarne ou en tapant sur un clavier. Les beaux jours reviennent, le temps des projets également. Alors, vous faites quoi en 2016 ?

Il est des destinations qui remuent. Tout dépend de l'affect de chacun bien sûr. Tout dépend de vos affinités avec l'endroit visité, votre état d'esprit et vos envies. En ce qui me concerne et vous le savez, Istanbul a longtemps représenté cette terre de bouleversements, cet endroit magique dont je ne me lasserai jamais et que je ne peux que conseiller, encore et toujours, à qui cherche émerveillement et chaleur humaine. Berlin, bien que représentant mon quotidien, présente également les caractéristiques d'un coin de terre où une journée ne ressemble jamais à la précédente. Pour la chaleur humaine, on repassera, mais pour les inestimables ressources d'une capitale, Berlin est encore inépuisable.

Et donc depuis quelques jours, mes chers lecteurs, Istanbul et Berlin ont une nouvelle copine. Quelques jours ont passé afin de laisser redescendre mes émotions et afin de retrouver la tête froide. Quelle triplette les amis, à la mystique Istanbul et à la déjantée Berlin s'ajoute aujourd'hui Naples la généreuse.

Naples. A la simple évocation de ce nom dans l'esprit de tous, les images négatives priment. Même topo qu'à Marseille, violence, saleté. Le cinéma et les infos sont passés par là.

Mais tout comme Marseille, dont convaincre de son attractivité constitue un de mes combats, allez juger par vous-même. Naples est accessible de France facilement, Pour les petits budgets, c'est une destination plus qu'envisageable. Spécialement hors-saison, tout y est accessible. S'y nourrir, en plus d'être une expérience gustative unique, est très peu onéreux. S'y loger également. Les transports dans la ville comme dans la région sont à la portée de tous. Aucune excuse donc si ce n'est le manque de temps ou peut-être d'envie, j'en conviens. Alors prenez quelques minutes et lisez ce qui suit si c'est le temps qui vous manque

Imaginez un coin d'Italie qui ne ressemble à rien de ce que vous connaissez sur ce pays. Un coin d'Italie tellement singulier que tout le reste du pays ne sait pas trop comment le gérer. Rebelle, indépendante, insoumise, agitée, les qualificatifs ne manquent pas. Mais avant tout, Naples est à l'image de ses habitants : une ville généreuse, pleine de vie et surtout sincère.

Chaque personne s'y étant rendu une fois a son avis bien sûr. Ces lignes n'engagent que moi.

Si Naples devait être définie en deux mots, ce serait tout trouvé. La vie, comme celle dont cette ville plusieurs fois millénaire regorge, éclate, tant bien que mal parfois pour des napolitains qui ne l'ont pas facile. Au-delà de la dureté de celle-ci pour eux, et de la légereté de celle-ci pour le visiteur, cet endroit symbolise tout ce que la vie doit comporter de valeurs et peut proposer de plaisirs. Y passer quelques jours c'est se recentrer sur les choses simples qui la rendent pleine de sens. L'autre mot serait le goût, car rien dans les ruelles du vieux Naples, sur la colline du Vomero ou au pied du Vésuve, n'a la même saveur qu'ailleurs. Là encore, je n'ai pas la prétention de tout connaître et tout savoir, mais à entendre tous les italiens vanter la gastronomie napolitaine, il est quasiment impossible de s'y tromper. Le goût est une clé de voûte de la vie napolitaine. Le goût des choses, le goût de la vie et le goût tout en simplicité de vous offrir une expérience de vie dont vous vous rappelerez longtemps.

Si vous n'êtes jamais allé en Italie, ne commencez pas par Naples. On ne commence pas un gateau par la cerise. Question de principe et d'indulgence envers la magnifique Toscane ou Rome l'éternelle.

Le napolitain à qui j'ai eu à faire, n'a rien d'un romain ou d'un turinois. Il n'a pas la "dolce vità" d'un romain mais la vità lui suffira. Il est bavard, avenant et toujours aidant. Surtout, il vous considère pour ce que vous êtes et vous regarde dans les yeux. Le napolitain vous portera un regard bienveillant car vous êtes ici chez lui et au bout de quelques heures, chez vous. On y a l'agréable impression d'exister. La communication est si simple qu'on en oublie la langue parlée. A dire vrai, jamais je ne me suis senti étranger à Naples. Sans doute parce que cette ville autrefois grecque, normande, espagnole, française, s'est forgée une identité qui vous fait vous y retrouver quoiqu'il arrive.

Pour finir, ne concevez pas Naples uniquement comme un point de chute pour la visite de la région. La Campanie est superbe. Les sites archéologiques du Vésuve et Capri incontournables, tout comme Amalfi plus au sud. Mais Naples vaut bien plus qu'une petite chambre d'hôtel avec vue sur la gare centrale. Perdez-vous dans le labyrinthe de ruelles pavées du centre historique, levez les yeux vers ces balcons d'où résonne la vie au fil du linge pendu, découvrez ces églises aux intérieurs éclatants et ces palais fastueux cachés derrière de modestes façades défraichies. Naples se découvre sans précipitation, à l'image de son mode de vie. Il y a un temps pour tout, un temps pour tremper ses pieds sur le Lungomare, la balade du bord de mer, un temps pour s'élever au Castell Sant'Elmo pour s'ébahir devant une vue à 360 degrés de la baie de Naples. Un temps pour stopper le rythme effreiné de sa Vespa et apprécier une douceur chez le pâtissier Pintauro.

Naples est donc une question de temps. Si d'aventure vos pas vous y mènent, ouvrez votre coeur aux napolitains qui vous l'ouvriront. Appréciez les scènes de vie du quartier espagnol pour ramener un peu de tout cela chez vous. Appréhendez le goût des choses simples et primordiales. Là aussi, j'ose espérer que Naples se hissera au panthéon de vos destinations préférées.

Stendhal, fou amoureux de la ville de Naples, estimait qu’il fallait au moins avoir vu Naples une fois dans sa vie avant de mourir. La vie, la mort. Je propose dans un premier d'y prendre une simple leçon de vie.

Ci-dessous, quelques photos et impressions (cliquez à droite ou à gauche), et une vidéo pour ceux à qui les mots ne suffisent pas.

Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
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Naples - Le temps, la vie et le goût

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Rédigé par AdB

Publié dans #Naples, #italie, #voyages & saveurs, #voyage

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Publié le 5 Février 2016

Des voyages en bulles - Mémoires d'un oublié
Des voyages en bulles - Mémoires d'un oublié

Paru en Mai 2015 chez Futuropolis, "Le tirailleur" est la réussite conjointe d'Alain Bujak au scénario et de Piero Macola au crayon.

Que connait-on de la vie de ce vieillard que l'on croise chaque jour, assis sur un banc, anonyme et perdu, loin de sa patrie ?

Comme pour briser cet anonymat et rendre hommage à ces inconnus, cette biographie dessinée nous emmène dans les souvenirs d'Abdesslem, de sa chambre exsangue dans un foyer aux champs de bataille du Mont Cassin et d'Indochine. Une vie passée au service de la France, celle d'un jeune berger devenu tirailleur, en passant par la case prisonnier de guerre. Un destin qu'a connu des centaines de milliers d'"indigènes" anonymes et qui reprend vit avec émotion dans cette centaine de pages.

Un autre regard sur notre histoire. Un autre regard sur le dévouement et le sacrifice. Un dernier regard sur une destinée à ne pas oublier.

Pour en garnir sa bibliothèque, c'est ici.

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Rédigé par AdB

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