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Publié le 29 Juin 2016

Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs

Je vous laissais il y a quelques mois sur mes folles impressions napolitaines, "la vie", "le goût" et tutti quanti. Vous vous en souvenez surement.

Me revoici dans la botte où je vous emmène à la découverte d'une nouvelle ville, d'une nouvelle région, d'une autre ambiance : Bologne, capitale de l'Émilie-Romagne.

Autant le dire tout de suite, et on le répète assez souvent pour le savoir, on oublie ici tous les codes napolitains, on se trouve en Italie du Nord, où tout explose toujours de vie mais avec plus de maîtrise. Evidemment, du Nord au Sud de l'Italie, on retrouve les mêmes caractéristiques, la gentillesse des locaux, le goût des bonnes choses et le savoir-vivre. Seule la mentalité change d'une région à l'autre, ça ne saute pas aux yeux mais se perçoit facilement.

Bologne donc, une ville idéale pour un week-end entre amis, en couple ou en solo, ni trop petite ni trop grande. A taille humaine, vous y trouverez douceur et raffinement. La vieille ville s'oriente autour de la Piazza Maggiore, très grande place centrale entourée d'anciens palais et dominée par l'imposante basilique San Petronio, plus grande église gothique de brique du monde à la façade inachevée depuis près de 600 ans. Cette place vous servira aisément de repère pour votre week-end, vos pas vous y mèneront quasiment toujours.

A quelques pas de là, après avoir traversé le quartier du Quadrilatero, "le ventre de Bologne" depuis toujours, admiré ses étalages de fruits et légumes colorés et apprécié les odeurs émanant des charcuteries dans ses ruelles ombragées, vous parviendrez aux deux tours dressées au bout de la via Rizzoli. Symbole de la ville, ces deux tours, dont une penche sérieusement avec 3 mètres d'inclinaison, ont été construites par deux familles souhaitant affirmer leur puissance. On en comptait 80 dans la Bologne du moyen-âge. Ne vous laissez pas intimider par les 500 marches si vous souhaitez vous rendre au sommet de la tour Asinelli. Si vous êtes moins téméraire, continuez à parcourir les ruelles de la vieille ville, admirez ses façades antiques aux couleurs orangées, découvrez une placette au détour d'une rue où vous pourrez vous détendre sur une terrasse ombragée (prenez la via Zamboni jusqu'à tomber sur celle au pied d'une chapelle, l'endroit est idéal pour prendre le pouls de la ville), flânez au fil des arcades qui apportent fraîcheur ou vous abritera de la pluie. Bologne compte une quarantaine de kilomètres d'arcades en son centre. Une caractéristique propre à cette ville, vraiment appréciable lorsque le soleil brûle. Ces arcades permettent également aux très nombreuses boutiques de marques internationales de s'implanter dans le centre sans pour autant défigurer l'harmonie générale.

A Bologne comme partout en Italie, entrez dans les cours intérieures, faufilez-vous dans les chapelles et laissez-vous guider par vos sens. Posez vos questions, les commerçants bolognais sont toujours ouverts aux explications et le sourire est compris dans le service.

L'université de Bologne est la plus ancienne université d'Europe. Des milliers d'étudiants peuplent la ville chaque année. Vous pourrez le constater en début de soirée, lorsque les rues et les terrasses se remplissent de jeunes gens bruyants et vivants, lorsque les éclats de rire sont plus appuyés et quand les Apérol Spritz (orangés comme les façades de la ville) s'accumulent sur les tables des bars.

Comme partout dans ce pays, vous respirerez Bologne en vous y perdant. Levez les yeux, arrêtez-vous devant les vitrines des boutiques d'artisans, ouvrez vos oreilles à la mélodie des bolognais qui s'interpellent dans les ruelles, respirez, vous vivez. É Bologna.

Je vous propose ci-dessous quelques articles annexes que je vous ai concoctés, pour approfondir encore sur le sujet :

La Piazza San Stefano

Le Mercato delle Erbe, les sens en éveil

La quête impossible du meilleur glacier

Une virée à Rimini

Le cinéma sous les étoiles

Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs

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Rédigé par AdB

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Publié le 29 Juin 2016

Bologne - La Piazza Santo Stefano

A quelques pas des deux tours, en passant par la jolie Piazza della Mercanzia, vous arriverez en empruntant la Via Santo Stefano, sur la placette du même nom.

Cette petite place édifiée en forme de V est mon coup de coeur architectural bolognais. Entourée de part et d'autre d'élégantes demeures aux tons rosés et orangés, le sol de la place est légèrement pentu et mène à l'abbaye Santo Stefano. Les galeries d'arcade des deux côtés de la place offre une équilibre parfait au tout alors qu'aux fenêtres des palazzi flottent des rideaux rouge donnant un effet de voilure presque maritime.

L'abbaye de Santo Stefano se compose de 4 églises connectées les unes entre les autres. Le cloître ombragé vaut le détour et le sentiment de sérénité qui s'en dégage vous permettra d'admirer les détails qu'offre l'abbaye dans chacun de ses recoins. Les 4 églises se distinguent de par leurs formes et leurs époques. Le premier édifice a été construit à cette époque au XIème siècle. Quelques moines vive encore sur place et commercialisent des produits naturels dans la boutique se trouvant au fond du complexe. Le saint-patron de Bologne est enterré dans cette église.

Pour un bâtiment religieux italien, le tout est assez sobre et se distingue surtout par sa brique rouge et chaleureuse toute toulousaine. Les intérieurs des différentes églises ne regorgent pas d'ornements et dorures, contrairement à ce que l'on peut trouver à Rome ou Naples.

Que l'on soit féru de religion ou non, un petit saut sur la Piazza Santo Stefano ne décevra pas. Un petit passage de nuit sur la place illuminée est également à envisager. L'ambiance est très différente selon le moment de la journée, sur cette place d'un autre temps, aux airs de place de village et pourtant en plein coeur de la cité.

Bologne - La Piazza Santo Stefano
Bologne - La Piazza Santo Stefano
Bologne - La Piazza Santo Stefano
Bologne - La Piazza Santo Stefano
Bologne - La Piazza Santo Stefano

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Rédigé par AdB

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Publié le 29 Juin 2016

Bologne - Le Mercato delle Erbe, les sens en éveil

Ce marché couvert, situé via Ugo Bassi, est le détour obligatoire pour les amoureux de la gastronomie italienne et des produits frais. Rappelons que Bologne est la, sinon une des (avec Naples à mon sens), capitale(s) gastronomique(s) italienne(s). La région produit aussi bien la Mortadelle AOP que le Parmesan AOP, ou encore le fameux vinaigre de Modène.

Caché derrière une façade peu attirante, ce petit marché propose une vingtaine de commerces à faire saliver.

Etalages de fruits et légumes savoureux et colorés, charcuteries, fromageries, un forno et même un glacier (ce qui n'est qu'à moitié surprenant dans cette ville totalement dédiée à la glace). Circulez dans les petites allées et admirez les différents produits, parfois inconnus et quasiment exclusivement locaux bien évidemment. Tous vos sens seront mis en éveil.

Faites-y vos achats si le coeur vous en dit, les bolognais privilégient les petits commerces de proximité et vous trouverez très peu de supermarchés dans le centre.

Passez le rideau de lamelles en plastique pour accéder à la seconde partie du marché, constitué en un "food court" appelé "Altro?". Tout autour de tables et canapés disposés dans un décor cosy, des petits restaurants proposent leurs spécialités. Un "forno" nous offre des parts de pizza colorées à droite. "La cucina" au fond est la cuisine centrale du lieu. On peut y déguster toute sorte de plat à commencer par le fameux "Ragù" bolognais qu'on appelle toujours pas "bolognaise" sur place.

La Via Lattea est un autre petit restaurant tout simple, proposant plateaux de charcuterie locale et fromages régionaux. Explosion de saveurs garantie pour un prix dérisoire. Si vous connaissiez la Mortadelle, oubliez tout, et goûtez celle produite dans la région, l'originale, la vraie. Assurément mon expérience gustative la plus intense à Bologne. Si vous aimez la Mozzarella et particulièrement celle au lait de bufflone, dite "Buffala" alors goûtez la "Buffala" fumée, servie avec un filet d'huile d'olive et du gros sel. Tout ceci est simplement incroyable en saveurs. Les photos ci-dessous vous en diront un peu plus.

Le mercato delle Erbe est donc une expérience en soi, qui vous régalera aussi bien le palais que les yeux. Je ne vois aucune raison de ne pas vous y rendre, ne cherchez pas d'excuses, le coeur de Bologne y bat.

Bologne - Le Mercato delle Erbe, les sens en éveil
Bologne - Le Mercato delle Erbe, les sens en éveil
Bologne - Le Mercato delle Erbe, les sens en éveil
Bologne - Le Mercato delle Erbe, les sens en éveil

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Rédigé par AdB

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Publié le 29 Juin 2016

Bologne - La quête impossible du meilleur glacier

Chercher le meilleur glacier de Bologne relève quasiment de l'impossible. Cela revient à chercher le meilleur croissant de France ou la meilleure pizza de Naples. Tout est question de goût et d'avis personnel. Et pourtant, c'est pas faute d'y avoir mis du sien.
La difficulté de la décision réside aussi dans l'impossibilité de choisir entre la douceur de celle-ci et la finesse de celle-là.

Bologne regorge de glaciers. Aucun ne vous decevra. Passer un week-end à Bologne consiste en une espèce de rally des glaciers, une recherche permanente du goût jamais exploré jusqu'alors. Les adresses sont bien trop nombreuses. Je m'étais renseigné sur quelques uns avant d'y aller et il se trouve que je ne suis allé dans aucun des prévus. Pour autant, en en essayant environ 5 autres, l'extase a été la même à chaque fois.

Ce qui ressort des glaciers bolognais, c'est la douceur des parfums et l'équilibre des ingrédients. Une douceur que l'on retrouve dans ce que Bologne offre de sa cuisine. La glace vous sera servie à la spatule. Authenticité oblige, elle est fabriquée sur place, par des glaciers indépendants ou des chaînes. En cornet, en pot ou dans une brioche, ne vous en privez pas. Vous avez rendez-vous avec quelques minutes d'émerveillement glacé. Notez que la plupart des glaciers proposent également d'autres spécialités comme les "Granite siciliens" ou des sorbets. La plupart des glaciers proposent d'ailleurs des parfums pour les vegans, ce qui en Italie m'a quelque peu surpris, compte-tenu du poids de la tradition gastronomique.

De nombreuses adresses donc, des glaciers à tous les coins de rue et des parfums inconnus élaborés à partir d'ingrédients de choix (noisettes du piémont, pistache de Sicile, citrons de Sorrente...).

S'il est une adresse à recommander car tout de même je suis là pour ça, je vous recommande alors Galliera 49. Situé sur le chemin de la gare au centre-ville, cela constituera votre première halte idéale un jour de grosse chaleur. La glace aux écorces de citron frise la perfection. Le tout agrémenté de crème chantilly (panna) maison, compacte et légère à la fois. Le paradis je vous dis !

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Rédigé par AdB

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Publié le 29 Juin 2016

Bologne - Une virée à Rimini

Si le temps vous le permet, accordez-vous une virée à la plage.

Depuis Bologne, le train régional vous amène à Rimini en moins d'1h30. De la gare, 15 petites minutes de marche suffisent pour se retrouver sur le "Lungomare" et respirer l'air de la mer Adriatique.

La culture des plages en Italie coincide avec la culture des plages privées. Les plages publiques sont quasiment inexistantes ou réduites à des lopins de sable surpeuplés. Sur le Lungomare donc et sur des kilomètres s'étalent des plages privées proposant des services soignés, transat, parasols, cabines, douches mais aussi des cafés et des snacks, de même que des activités sportives. Pour un prix somme toute correct (15 euros pour deux transat et un parasol), on a la garantie de passer une journée agréable et quelque peu plus reposante que sur un coin de sable en plein soleil. Lorsqu'il fait plus de 30 degrés, il est plutôt judicieux de considérer un parasol. La mer appartient à tous certes, mais un peu de confort est aussi agréable par moment.

Le bord de mer à Rimini ressemble à une station balnéaire typique. On oublie les vieilles bâtisses de Bologne. On trouve de belles demeures du XXème siècle et des hôtels plus ou moins luxueux, et parfois même très luxueux. L'ambiance est totalement dédiée aux vacances. La culture italienne de la plage est très différente de la nôtre, surtout à Rimini où se retrouvent riches milanais et bolognais. A découvrir donc, très facilement depuis Bologne, et particulièrement appréciable les jours de grosses chaleurs.

PS : Les gourmands dégusteront une "Piadina" dont Rimini est à l'origine. Une fine galette de pain tiède, que l'on garnit comme on le souhaite. Le snack parfait et quelques bonnes bouchées de plaisir.

Bologne - Une virée à Rimini
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Rédigé par AdB

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Publié le 26 Février 2016

Naples - Le temps, la vie et le goût

Voyager est un plaisir incomparable. J'y consacre toutes les pages de ce blog et me plonge dans la moindre BD permettant l'évasion. C'est un luxe que certains ne peuvent pas se permettre en fonction des aléas de la vie, j'en suis bien conscient. D'autres n'en font pas une priorité. Soit. Mais voyager en Europe aujourd'hui est accessible. Nous faisons partie d'une génération qui a pu élargir ses horizons sans se saigner. Je parle ici de l'Europe en premier lieu. Aller voir ailleurs est le meilleur moyen de se retrouver, de se comprendre et de s'informer de manière beaucoup plus intéressante qu'au travers de la petite lucarne ou en tapant sur un clavier. Les beaux jours reviennent, le temps des projets également. Alors, vous faites quoi en 2016 ?

Il est des destinations qui remuent. Tout dépend de l'affect de chacun bien sûr. Tout dépend de vos affinités avec l'endroit visité, votre état d'esprit et vos envies. En ce qui me concerne et vous le savez, Istanbul a longtemps représenté cette terre de bouleversements, cet endroit magique dont je ne me lasserai jamais et que je ne peux que conseiller, encore et toujours, à qui cherche émerveillement et chaleur humaine. Berlin, bien que représentant mon quotidien, présente également les caractéristiques d'un coin de terre où une journée ne ressemble jamais à la précédente. Pour la chaleur humaine, on repassera, mais pour les inestimables ressources d'une capitale, Berlin est encore inépuisable.

Et donc depuis quelques jours, mes chers lecteurs, Istanbul et Berlin ont une nouvelle copine. Quelques jours ont passé afin de laisser redescendre mes émotions et afin de retrouver la tête froide. Quelle triplette les amis, à la mystique Istanbul et à la déjantée Berlin s'ajoute aujourd'hui Naples la généreuse.

Naples. A la simple évocation de ce nom dans l'esprit de tous, les images négatives priment. Même topo qu'à Marseille, violence, saleté. Le cinéma et les infos sont passés par là.

Mais tout comme Marseille, dont convaincre de son attractivité constitue un de mes combats, allez juger par vous-même. Naples est accessible de France facilement, Pour les petits budgets, c'est une destination plus qu'envisageable. Spécialement hors-saison, tout y est accessible. S'y nourrir, en plus d'être une expérience gustative unique, est très peu onéreux. S'y loger également. Les transports dans la ville comme dans la région sont à la portée de tous. Aucune excuse donc si ce n'est le manque de temps ou peut-être d'envie, j'en conviens. Alors prenez quelques minutes et lisez ce qui suit si c'est le temps qui vous manque

Imaginez un coin d'Italie qui ne ressemble à rien de ce que vous connaissez sur ce pays. Un coin d'Italie tellement singulier que tout le reste du pays ne sait pas trop comment le gérer. Rebelle, indépendante, insoumise, agitée, les qualificatifs ne manquent pas. Mais avant tout, Naples est à l'image de ses habitants : une ville généreuse, pleine de vie et surtout sincère.

Chaque personne s'y étant rendu une fois a son avis bien sûr. Ces lignes n'engagent que moi.

Si Naples devait être définie en deux mots, ce serait tout trouvé. La vie, comme celle dont cette ville plusieurs fois millénaire regorge, éclate, tant bien que mal parfois pour des napolitains qui ne l'ont pas facile. Au-delà de la dureté de celle-ci pour eux, et de la légereté de celle-ci pour le visiteur, cet endroit symbolise tout ce que la vie doit comporter de valeurs et peut proposer de plaisirs. Y passer quelques jours c'est se recentrer sur les choses simples qui la rendent pleine de sens. L'autre mot serait le goût, car rien dans les ruelles du vieux Naples, sur la colline du Vomero ou au pied du Vésuve, n'a la même saveur qu'ailleurs. Là encore, je n'ai pas la prétention de tout connaître et tout savoir, mais à entendre tous les italiens vanter la gastronomie napolitaine, il est quasiment impossible de s'y tromper. Le goût est une clé de voûte de la vie napolitaine. Le goût des choses, le goût de la vie et le goût tout en simplicité de vous offrir une expérience de vie dont vous vous rappelerez longtemps.

Si vous n'êtes jamais allé en Italie, ne commencez pas par Naples. On ne commence pas un gateau par la cerise. Question de principe et d'indulgence envers la magnifique Toscane ou Rome l'éternelle.

Le napolitain à qui j'ai eu à faire, n'a rien d'un romain ou d'un turinois. Il n'a pas la "dolce vità" d'un romain mais la vità lui suffira. Il est bavard, avenant et toujours aidant. Surtout, il vous considère pour ce que vous êtes et vous regarde dans les yeux. Le napolitain vous portera un regard bienveillant car vous êtes ici chez lui et au bout de quelques heures, chez vous. On y a l'agréable impression d'exister. La communication est si simple qu'on en oublie la langue parlée. A dire vrai, jamais je ne me suis senti étranger à Naples. Sans doute parce que cette ville autrefois grecque, normande, espagnole, française, s'est forgée une identité qui vous fait vous y retrouver quoiqu'il arrive.

Pour finir, ne concevez pas Naples uniquement comme un point de chute pour la visite de la région. La Campanie est superbe. Les sites archéologiques du Vésuve et Capri incontournables, tout comme Amalfi plus au sud. Mais Naples vaut bien plus qu'une petite chambre d'hôtel avec vue sur la gare centrale. Perdez-vous dans le labyrinthe de ruelles pavées du centre historique, levez les yeux vers ces balcons d'où résonne la vie au fil du linge pendu, découvrez ces églises aux intérieurs éclatants et ces palais fastueux cachés derrière de modestes façades défraichies. Naples se découvre sans précipitation, à l'image de son mode de vie. Il y a un temps pour tout, un temps pour tremper ses pieds sur le Lungomare, la balade du bord de mer, un temps pour s'élever au Castell Sant'Elmo pour s'ébahir devant une vue à 360 degrés de la baie de Naples. Un temps pour stopper le rythme effreiné de sa Vespa et apprécier une douceur chez le pâtissier Pintauro.

Naples est donc une question de temps. Si d'aventure vos pas vous y mènent, ouvrez votre coeur aux napolitains qui vous l'ouvriront. Appréciez les scènes de vie du quartier espagnol pour ramener un peu de tout cela chez vous. Appréhendez le goût des choses simples et primordiales. Là aussi, j'ose espérer que Naples se hissera au panthéon de vos destinations préférées.

Stendhal, fou amoureux de la ville de Naples, estimait qu’il fallait au moins avoir vu Naples une fois dans sa vie avant de mourir. La vie, la mort. Je propose dans un premier d'y prendre une simple leçon de vie.

Ci-dessous, quelques photos et impressions (cliquez à droite ou à gauche), et une vidéo pour ceux à qui les mots ne suffisent pas.

Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
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Rédigé par AdB

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Publié le 13 Octobre 2015

« Il y a quelque chose dans l’air de New York qui rend le sommeil inutile »

Simone de Beauvoir l'écrivait en son temps. Aujourd'hui j'acquiesce.

Nous y voilà, New York est derrière moi, digéré et le jetlag est enfin encaissé. L'heure est donc au compte-rendu, aux impressions et aux conclusions la tête froide.

Avant de rallier la grosse pomme, difficile de ne pas se faire de films. New York est un film me disait-on. Un décor de cinéma permanent. On me parlait de la folie de New York et de cette ville incroyable qui allait s'offrir à moi. La question est : s'offre-t-on New York ?

Il est difficile de ne pas écrire de manière excessive sur une ville qui l'est. Je ne vous dirai pas ici si "oui j'ai adoré" ou "non j'ai détesté". New York est au-dessus de ce schéma noir ou blanc (sauf lorsqu'il est question des communautés qui elles, ne se mélangent que très peu). New York s'appréhende différemment et de manière plus complexe. C'est le type même de voyage incroyable que l'on apprécie à sa juste valeur une fois qu'il est passé et digéré. Un film dont on saurait pas dire s'il est un chef-d'oeuvre ou un film tout ce qu'il y a de plus banal au sortir d'une salle de cinéma.

Oui "la ville qui ne dort jamais" est incroyable. C'est un fait. De par sa hauteur, sa densité, sa mélodie qui peut vite devenir une rengaine assourdissante. New York est un Bebop. Un morceau effreiné où les cuivres sont joués par un orchestre d'automobilistes nerveux et la rythmique par cette façon lente et élégante qu'ont les new-yorkais de manier la langue. New York a aussi une élégance cinématographique qui fait de vous l'acteur principal.

Appréhender New York c'est en tout premier lieu, acquérir de nouveaux repères. Si l'on a tous grandi empreints de culture américaine par le cinéma et les séries, cela ne nous abrite pas d'un choc culturel à retardement. A première vue, l'Amérique (et je parle ici de New York, même pas du grand Ouest) nous est familière. Tel ou tel détail que nous passons notre temps à dénicher dans les rues nous rappelle ce film ou cet épisode avec émotion. Les noms nous évoquent des choses. Il y a, pour les amateurs de musique notamment, une sorte de fantasme à l'évocation de noms comme Brooklyn, Harlem ou le Bronx. A première vue donc, tout n'est pas si différent de "chez nous" et Ronald Mc Donald ne nous acceuille pas à notre arrivée sur le tarmac.

Une fois que la ville vous avale, que vous envisagez enfin l'immensité de ce qui vous entoure et que vous vous sentez minuscule dans cette jungle urbaine, vous réalisez les différences entre ce monde là et le monde d'où vous venez. New York est composée de millions de vies, dont la vôtre pendant quelques jours. A bien l'écouter, New York vous crie, entre deux sirènes de police, que vous êtes minuscule en son sein, dans cette ville-monde où tous les peuples de la planète vivent. Oubliez le multiculturalisme que vous pensiez connaître en Europe. New York est LA ville-monde. Là où toutes les langues s'entre-mêlent et se fréquentent. Une tour de Babel qui tutoie le ciel de Manhattan, et que là-bas en Amérique on appelle "Empire State Building" ou "One World Trade Center". Le genre de tour qu'on n'abat pas car ses fondations sont bien trop solides.

J'ai compris que New York était une question de temps. De notion de temps. Le temps que vous passerez à faire la queue au contrôle des passeports à l'arrivée est sans doute plus long que tout ce que vivrez dans cette ville. La ville ne dort jamais oui car elle n'a pas le temps de dormir. Tout n'est que vitesse. Le choc est assez fort lorsque l'on vit dans une ville européenne qui prend pour le coup des allures de village. Le métro roule à une allure folle. Les lignes express permettent de vous rendre encore plus vite à votre destination. Le temps passé dans le métro est une aubaine pour les new-yorkais qui en profitent pour fermer les yeux et dormir. Le new-yorkais avance, court, pédale et ne se retourne pas. C'est sans doute ce qui fait sa force et ce qui lui a permis de rebondir dans des circonstances difficiles. "Time is money" selon le célèbre dicton. Avoir le temps est bel et bien la plus grande des richesses à New York.

Comme indiqué plus haut, New York, rendez-vous du monde entier, est un monde en soi tout en étant deux mondes à la fois. Loger à Brooklyn est un luxe qu'il ne faut pas se refuser. Cela permet de souffler le soir venu, d'arpenter des quartiers plus humains et de fréquenter la population locale au plus près. Manhattan est l'autre partie de ce monde que certains préfèreront.

New York est, pour conclure ces considérations toutes personnelles et qui n'engagent que moi, une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie. Parce que New York fait partie de ce patrimoine que notre humanité partage, parce qu'il est bon de découvrir de ses propres yeux cet univers fou et familier à la fois, nécessaire de comprendre comment s'est bâtie l'Amérique et ce que l'homme a pu parachever de gigantesque avec ses mains et son esprit. Parce que la vie est une musique et que New York est une mélodie qui se retrouve sur les lèvres de tous ces new-yorkais qui chantonnent dans les rues et le métro. Ce n'est pas un luxe qu'on s'offre, c'est une expérience à vivre muni de vos 5 sens les plus aiguisés.

Alors ai-je aimé ou non New York ? La question ne se pose même plus. New York n'en est plus au point de s'aimer ou non. New York fait partie de l'ADN de l'humanité et est donc en vous, en moi, en nous. Plus d'une semaine après mon retour, je suis toujours à me demander quel terme qualifierait le mieux cette ville. Et je crois que je me poserai encore la même question dans quelques années sans jamais trouver de réponse. Elle se trouve peut-être dans la jovialité et la gentillesse des new-yorkais. Elle se cache peut-être dans quelque chose d'aperçu là-bas et pas encore réalisé.

Entre New York et moi, c'est donc compliqué mais ça n'en est que plus vrai.

« Il y a quelque chose dans l’air de New York qui rend le sommeil inutile »

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Rédigé par AdB

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Publié le 26 Février 2015

Des voyages en bulles - Jenni Sparks
Des voyages en bulles - Jenni Sparks

Face B s'autorise un petit lifting pour l'anniversaire de ses deux ans d'existence.

Changement de décor et nouvelles idées sans jamais oublier le fond.

La série d'articles qui débute aujourd'hui, intitulée "Des voyages en bulles" alliera donc voyages et arts graphiques. Seront proposées des infos autour de la bande-dessinée et d'initiatives artistiques autour du 3ème art.

Un périple autour du monde donc, sans bouger de votre fauteuil, au travers de coups de crayons divers et variés. Pas de voyage en ballon mais un monde de bulles qui s'ouvre à vous.

Pour commencer cette nouvelle série, ce premier article sera consacré à une artiste londonienne talentueuse, Jenni Sparks, auteure d'une série de cartes urbaines dessinées avec la plus grande minutie. Des cartes bluffantes de Paris, Berlin, New-York, San Francisco ou Londres à admirer (et acheter) sur son site. Jenni allie technique, esthétique et réelle recherche scientifique concernant chacune des villes topographiées (avec une touche de culture pop, qui saura retrouver King Kong?). De la haute voltige donc, de la minutie et uniquement de l'admiration suscitée chez qui aime le dessin et les cartes (oui bon ben moi quoi).

Pour son prochain article, Face B vous emmènera en Suède, mais d'ici là, veillez à ne pas vous égarer. Pas de panique, Jenni et ses cartes sont là pour ça.

Des voyages en bulles - Jenni Sparks
Des voyages en bulles - Jenni Sparks
Des voyages en bulles - Jenni Sparks

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Rédigé par AdB

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