Publié le 29 Juin 2016

Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs

Je vous laissais il y a quelques mois sur mes folles impressions napolitaines, "la vie", "le goût" et tutti quanti. Vous vous en souvenez surement.

Me revoici dans la botte où je vous emmène à la découverte d'une nouvelle ville, d'une nouvelle région, d'une autre ambiance : Bologne, capitale de l'Émilie-Romagne.

Autant le dire tout de suite, et on le répète assez souvent pour le savoir, on oublie ici tous les codes napolitains, on se trouve en Italie du Nord, où tout explose toujours de vie mais avec plus de maîtrise. Evidemment, du Nord au Sud de l'Italie, on retrouve les mêmes caractéristiques, la gentillesse des locaux, le goût des bonnes choses et le savoir-vivre. Seule la mentalité change d'une région à l'autre, ça ne saute pas aux yeux mais se perçoit facilement.

Bologne donc, une ville idéale pour un week-end entre amis, en couple ou en solo, ni trop petite ni trop grande. A taille humaine, vous y trouverez douceur et raffinement. La vieille ville s'oriente autour de la Piazza Maggiore, très grande place centrale entourée d'anciens palais et dominée par l'imposante basilique San Petronio, plus grande église gothique de brique du monde à la façade inachevée depuis près de 600 ans. Cette place vous servira aisément de repère pour votre week-end, vos pas vous y mèneront quasiment toujours.

A quelques pas de là, après avoir traversé le quartier du Quadrilatero, "le ventre de Bologne" depuis toujours, admiré ses étalages de fruits et légumes colorés et apprécié les odeurs émanant des charcuteries dans ses ruelles ombragées, vous parviendrez aux deux tours dressées au bout de la via Rizzoli. Symbole de la ville, ces deux tours, dont une penche sérieusement avec 3 mètres d'inclinaison, ont été construites par deux familles souhaitant affirmer leur puissance. On en comptait 80 dans la Bologne du moyen-âge. Ne vous laissez pas intimider par les 500 marches si vous souhaitez vous rendre au sommet de la tour Asinelli. Si vous êtes moins téméraire, continuez à parcourir les ruelles de la vieille ville, admirez ses façades antiques aux couleurs orangées, découvrez une placette au détour d'une rue où vous pourrez vous détendre sur une terrasse ombragée (prenez la via Zamboni jusqu'à tomber sur celle au pied d'une chapelle, l'endroit est idéal pour prendre le pouls de la ville), flânez au fil des arcades qui apportent fraîcheur ou vous abritera de la pluie. Bologne compte une quarantaine de kilomètres d'arcades en son centre. Une caractéristique propre à cette ville, vraiment appréciable lorsque le soleil brûle. Ces arcades permettent également aux très nombreuses boutiques de marques internationales de s'implanter dans le centre sans pour autant défigurer l'harmonie générale.

A Bologne comme partout en Italie, entrez dans les cours intérieures, faufilez-vous dans les chapelles et laissez-vous guider par vos sens. Posez vos questions, les commerçants bolognais sont toujours ouverts aux explications et le sourire est compris dans le service.

L'université de Bologne est la plus ancienne université d'Europe. Des milliers d'étudiants peuplent la ville chaque année. Vous pourrez le constater en début de soirée, lorsque les rues et les terrasses se remplissent de jeunes gens bruyants et vivants, lorsque les éclats de rire sont plus appuyés et quand les Apérol Spritz (orangés comme les façades de la ville) s'accumulent sur les tables des bars.

Comme partout dans ce pays, vous respirerez Bologne en vous y perdant. Levez les yeux, arrêtez-vous devant les vitrines des boutiques d'artisans, ouvrez vos oreilles à la mélodie des bolognais qui s'interpellent dans les ruelles, respirez, vous vivez. É Bologna.

Je vous propose ci-dessous quelques articles annexes que je vous ai concoctés, pour approfondir encore sur le sujet :

La Piazza San Stefano

Le Mercato delle Erbe, les sens en éveil

La quête impossible du meilleur glacier

Une virée à Rimini

Le cinéma sous les étoiles

Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs
Bologne - Une histoire de douceur et de couleurs

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Rédigé par AdB

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Publié le 29 Juin 2016

Bologne - La Piazza Santo Stefano

A quelques pas des deux tours, en passant par la jolie Piazza della Mercanzia, vous arriverez en empruntant la Via Santo Stefano, sur la placette du même nom.

Cette petite place édifiée en forme de V est mon coup de coeur architectural bolognais. Entourée de part et d'autre d'élégantes demeures aux tons rosés et orangés, le sol de la place est légèrement pentu et mène à l'abbaye Santo Stefano. Les galeries d'arcade des deux côtés de la place offre une équilibre parfait au tout alors qu'aux fenêtres des palazzi flottent des rideaux rouge donnant un effet de voilure presque maritime.

L'abbaye de Santo Stefano se compose de 4 églises connectées les unes entre les autres. Le cloître ombragé vaut le détour et le sentiment de sérénité qui s'en dégage vous permettra d'admirer les détails qu'offre l'abbaye dans chacun de ses recoins. Les 4 églises se distinguent de par leurs formes et leurs époques. Le premier édifice a été construit à cette époque au XIème siècle. Quelques moines vive encore sur place et commercialisent des produits naturels dans la boutique se trouvant au fond du complexe. Le saint-patron de Bologne est enterré dans cette église.

Pour un bâtiment religieux italien, le tout est assez sobre et se distingue surtout par sa brique rouge et chaleureuse toute toulousaine. Les intérieurs des différentes églises ne regorgent pas d'ornements et dorures, contrairement à ce que l'on peut trouver à Rome ou Naples.

Que l'on soit féru de religion ou non, un petit saut sur la Piazza Santo Stefano ne décevra pas. Un petit passage de nuit sur la place illuminée est également à envisager. L'ambiance est très différente selon le moment de la journée, sur cette place d'un autre temps, aux airs de place de village et pourtant en plein coeur de la cité.

Bologne - La Piazza Santo Stefano
Bologne - La Piazza Santo Stefano
Bologne - La Piazza Santo Stefano
Bologne - La Piazza Santo Stefano
Bologne - La Piazza Santo Stefano

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Rédigé par AdB

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Publié le 29 Juin 2016

Bologne - Le Mercato delle Erbe, les sens en éveil

Ce marché couvert, situé via Ugo Bassi, est le détour obligatoire pour les amoureux de la gastronomie italienne et des produits frais. Rappelons que Bologne est la, sinon une des (avec Naples à mon sens), capitale(s) gastronomique(s) italienne(s). La région produit aussi bien la Mortadelle AOP que le Parmesan AOP, ou encore le fameux vinaigre de Modène.

Caché derrière une façade peu attirante, ce petit marché propose une vingtaine de commerces à faire saliver.

Etalages de fruits et légumes savoureux et colorés, charcuteries, fromageries, un forno et même un glacier (ce qui n'est qu'à moitié surprenant dans cette ville totalement dédiée à la glace). Circulez dans les petites allées et admirez les différents produits, parfois inconnus et quasiment exclusivement locaux bien évidemment. Tous vos sens seront mis en éveil.

Faites-y vos achats si le coeur vous en dit, les bolognais privilégient les petits commerces de proximité et vous trouverez très peu de supermarchés dans le centre.

Passez le rideau de lamelles en plastique pour accéder à la seconde partie du marché, constitué en un "food court" appelé "Altro?". Tout autour de tables et canapés disposés dans un décor cosy, des petits restaurants proposent leurs spécialités. Un "forno" nous offre des parts de pizza colorées à droite. "La cucina" au fond est la cuisine centrale du lieu. On peut y déguster toute sorte de plat à commencer par le fameux "Ragù" bolognais qu'on appelle toujours pas "bolognaise" sur place.

La Via Lattea est un autre petit restaurant tout simple, proposant plateaux de charcuterie locale et fromages régionaux. Explosion de saveurs garantie pour un prix dérisoire. Si vous connaissiez la Mortadelle, oubliez tout, et goûtez celle produite dans la région, l'originale, la vraie. Assurément mon expérience gustative la plus intense à Bologne. Si vous aimez la Mozzarella et particulièrement celle au lait de bufflone, dite "Buffala" alors goûtez la "Buffala" fumée, servie avec un filet d'huile d'olive et du gros sel. Tout ceci est simplement incroyable en saveurs. Les photos ci-dessous vous en diront un peu plus.

Le mercato delle Erbe est donc une expérience en soi, qui vous régalera aussi bien le palais que les yeux. Je ne vois aucune raison de ne pas vous y rendre, ne cherchez pas d'excuses, le coeur de Bologne y bat.

Bologne - Le Mercato delle Erbe, les sens en éveil
Bologne - Le Mercato delle Erbe, les sens en éveil
Bologne - Le Mercato delle Erbe, les sens en éveil
Bologne - Le Mercato delle Erbe, les sens en éveil

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Rédigé par AdB

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Publié le 29 Juin 2016

Bologne - La quête impossible du meilleur glacier

Chercher le meilleur glacier de Bologne relève quasiment de l'impossible. Cela revient à chercher le meilleur croissant de France ou la meilleure pizza de Naples. Tout est question de goût et d'avis personnel. Et pourtant, c'est pas faute d'y avoir mis du sien.
La difficulté de la décision réside aussi dans l'impossibilité de choisir entre la douceur de celle-ci et la finesse de celle-là.

Bologne regorge de glaciers. Aucun ne vous decevra. Passer un week-end à Bologne consiste en une espèce de rally des glaciers, une recherche permanente du goût jamais exploré jusqu'alors. Les adresses sont bien trop nombreuses. Je m'étais renseigné sur quelques uns avant d'y aller et il se trouve que je ne suis allé dans aucun des prévus. Pour autant, en en essayant environ 5 autres, l'extase a été la même à chaque fois.

Ce qui ressort des glaciers bolognais, c'est la douceur des parfums et l'équilibre des ingrédients. Une douceur que l'on retrouve dans ce que Bologne offre de sa cuisine. La glace vous sera servie à la spatule. Authenticité oblige, elle est fabriquée sur place, par des glaciers indépendants ou des chaînes. En cornet, en pot ou dans une brioche, ne vous en privez pas. Vous avez rendez-vous avec quelques minutes d'émerveillement glacé. Notez que la plupart des glaciers proposent également d'autres spécialités comme les "Granite siciliens" ou des sorbets. La plupart des glaciers proposent d'ailleurs des parfums pour les vegans, ce qui en Italie m'a quelque peu surpris, compte-tenu du poids de la tradition gastronomique.

De nombreuses adresses donc, des glaciers à tous les coins de rue et des parfums inconnus élaborés à partir d'ingrédients de choix (noisettes du piémont, pistache de Sicile, citrons de Sorrente...).

S'il est une adresse à recommander car tout de même je suis là pour ça, je vous recommande alors Galliera 49. Situé sur le chemin de la gare au centre-ville, cela constituera votre première halte idéale un jour de grosse chaleur. La glace aux écorces de citron frise la perfection. Le tout agrémenté de crème chantilly (panna) maison, compacte et légère à la fois. Le paradis je vous dis !

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Rédigé par AdB

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Publié le 29 Juin 2016

Bologne - Une virée à Rimini

Si le temps vous le permet, accordez-vous une virée à la plage.

Depuis Bologne, le train régional vous amène à Rimini en moins d'1h30. De la gare, 15 petites minutes de marche suffisent pour se retrouver sur le "Lungomare" et respirer l'air de la mer Adriatique.

La culture des plages en Italie coincide avec la culture des plages privées. Les plages publiques sont quasiment inexistantes ou réduites à des lopins de sable surpeuplés. Sur le Lungomare donc et sur des kilomètres s'étalent des plages privées proposant des services soignés, transat, parasols, cabines, douches mais aussi des cafés et des snacks, de même que des activités sportives. Pour un prix somme toute correct (15 euros pour deux transat et un parasol), on a la garantie de passer une journée agréable et quelque peu plus reposante que sur un coin de sable en plein soleil. Lorsqu'il fait plus de 30 degrés, il est plutôt judicieux de considérer un parasol. La mer appartient à tous certes, mais un peu de confort est aussi agréable par moment.

Le bord de mer à Rimini ressemble à une station balnéaire typique. On oublie les vieilles bâtisses de Bologne. On trouve de belles demeures du XXème siècle et des hôtels plus ou moins luxueux, et parfois même très luxueux. L'ambiance est totalement dédiée aux vacances. La culture italienne de la plage est très différente de la nôtre, surtout à Rimini où se retrouvent riches milanais et bolognais. A découvrir donc, très facilement depuis Bologne, et particulièrement appréciable les jours de grosses chaleurs.

PS : Les gourmands dégusteront une "Piadina" dont Rimini est à l'origine. Une fine galette de pain tiède, que l'on garnit comme on le souhaite. Le snack parfait et quelques bonnes bouchées de plaisir.

Bologne - Une virée à Rimini
Bologne - Une virée à RiminiBologne - Une virée à Rimini

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Rédigé par AdB

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Publié le 29 Juin 2016

Bologne - Le cinéma sous les étoiles

L'Italie et le cinéma, une longue histoire d'amour dont l'apogée eut lieu dans les années 60. Le glamour de Sophia Loren, la classe de Marcello Mastroianni et les productions de la Cinecittà. Bien que le cinéma italien soit aujourd'hui moins influent, le 7ème art reste un plaisir que les italiens ne boudent pas.

Bologne rend hommage au 7ème art en proposant chaque soir de l'été, une projection en plein-air sur la Piazza Maggiore. Le cadre est unique et laisse rêveur. Sous le ciel étoilé, entouré de bâtisses historiques élégantes et au pied de la basilique San Petronio. On aura connu pire comme salle de cinéma.

La programmation complète est à retrouver ici. En V.O la plupart du temps.

Samedi soir dernier, en compagnie de ma meilleure amie qui m'a accompagné tout le long de ce voyage éprouvant en crèmes glacées et en Aperol Spritz, nous avons eu la chance d'assister à la projection des "temps modernes" de Chaplin. Le tout accompagné en simultané par un orchestre. Une merveille de synchronisation et une très très belle expérience.

Si vos pas vous amènent à Bologne en vacances, profitez-en, c'est gratuit.

Bologne - Le cinéma sous les étoiles

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Rédigé par AdB

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Publié le 26 Février 2016

Naples - Le temps, la vie et le goût

Voyager est un plaisir incomparable. J'y consacre toutes les pages de ce blog et me plonge dans la moindre BD permettant l'évasion. C'est un luxe que certains ne peuvent pas se permettre en fonction des aléas de la vie, j'en suis bien conscient. D'autres n'en font pas une priorité. Soit. Mais voyager en Europe aujourd'hui est accessible. Nous faisons partie d'une génération qui a pu élargir ses horizons sans se saigner. Je parle ici de l'Europe en premier lieu. Aller voir ailleurs est le meilleur moyen de se retrouver, de se comprendre et de s'informer de manière beaucoup plus intéressante qu'au travers de la petite lucarne ou en tapant sur un clavier. Les beaux jours reviennent, le temps des projets également. Alors, vous faites quoi en 2016 ?

Il est des destinations qui remuent. Tout dépend de l'affect de chacun bien sûr. Tout dépend de vos affinités avec l'endroit visité, votre état d'esprit et vos envies. En ce qui me concerne et vous le savez, Istanbul a longtemps représenté cette terre de bouleversements, cet endroit magique dont je ne me lasserai jamais et que je ne peux que conseiller, encore et toujours, à qui cherche émerveillement et chaleur humaine. Berlin, bien que représentant mon quotidien, présente également les caractéristiques d'un coin de terre où une journée ne ressemble jamais à la précédente. Pour la chaleur humaine, on repassera, mais pour les inestimables ressources d'une capitale, Berlin est encore inépuisable.

Et donc depuis quelques jours, mes chers lecteurs, Istanbul et Berlin ont une nouvelle copine. Quelques jours ont passé afin de laisser redescendre mes émotions et afin de retrouver la tête froide. Quelle triplette les amis, à la mystique Istanbul et à la déjantée Berlin s'ajoute aujourd'hui Naples la généreuse.

Naples. A la simple évocation de ce nom dans l'esprit de tous, les images négatives priment. Même topo qu'à Marseille, violence, saleté. Le cinéma et les infos sont passés par là.

Mais tout comme Marseille, dont convaincre de son attractivité constitue un de mes combats, allez juger par vous-même. Naples est accessible de France facilement, Pour les petits budgets, c'est une destination plus qu'envisageable. Spécialement hors-saison, tout y est accessible. S'y nourrir, en plus d'être une expérience gustative unique, est très peu onéreux. S'y loger également. Les transports dans la ville comme dans la région sont à la portée de tous. Aucune excuse donc si ce n'est le manque de temps ou peut-être d'envie, j'en conviens. Alors prenez quelques minutes et lisez ce qui suit si c'est le temps qui vous manque

Imaginez un coin d'Italie qui ne ressemble à rien de ce que vous connaissez sur ce pays. Un coin d'Italie tellement singulier que tout le reste du pays ne sait pas trop comment le gérer. Rebelle, indépendante, insoumise, agitée, les qualificatifs ne manquent pas. Mais avant tout, Naples est à l'image de ses habitants : une ville généreuse, pleine de vie et surtout sincère.

Chaque personne s'y étant rendu une fois a son avis bien sûr. Ces lignes n'engagent que moi.

Si Naples devait être définie en deux mots, ce serait tout trouvé. La vie, comme celle dont cette ville plusieurs fois millénaire regorge, éclate, tant bien que mal parfois pour des napolitains qui ne l'ont pas facile. Au-delà de la dureté de celle-ci pour eux, et de la légereté de celle-ci pour le visiteur, cet endroit symbolise tout ce que la vie doit comporter de valeurs et peut proposer de plaisirs. Y passer quelques jours c'est se recentrer sur les choses simples qui la rendent pleine de sens. L'autre mot serait le goût, car rien dans les ruelles du vieux Naples, sur la colline du Vomero ou au pied du Vésuve, n'a la même saveur qu'ailleurs. Là encore, je n'ai pas la prétention de tout connaître et tout savoir, mais à entendre tous les italiens vanter la gastronomie napolitaine, il est quasiment impossible de s'y tromper. Le goût est une clé de voûte de la vie napolitaine. Le goût des choses, le goût de la vie et le goût tout en simplicité de vous offrir une expérience de vie dont vous vous rappelerez longtemps.

Si vous n'êtes jamais allé en Italie, ne commencez pas par Naples. On ne commence pas un gateau par la cerise. Question de principe et d'indulgence envers la magnifique Toscane ou Rome l'éternelle.

Le napolitain à qui j'ai eu à faire, n'a rien d'un romain ou d'un turinois. Il n'a pas la "dolce vità" d'un romain mais la vità lui suffira. Il est bavard, avenant et toujours aidant. Surtout, il vous considère pour ce que vous êtes et vous regarde dans les yeux. Le napolitain vous portera un regard bienveillant car vous êtes ici chez lui et au bout de quelques heures, chez vous. On y a l'agréable impression d'exister. La communication est si simple qu'on en oublie la langue parlée. A dire vrai, jamais je ne me suis senti étranger à Naples. Sans doute parce que cette ville autrefois grecque, normande, espagnole, française, s'est forgée une identité qui vous fait vous y retrouver quoiqu'il arrive.

Pour finir, ne concevez pas Naples uniquement comme un point de chute pour la visite de la région. La Campanie est superbe. Les sites archéologiques du Vésuve et Capri incontournables, tout comme Amalfi plus au sud. Mais Naples vaut bien plus qu'une petite chambre d'hôtel avec vue sur la gare centrale. Perdez-vous dans le labyrinthe de ruelles pavées du centre historique, levez les yeux vers ces balcons d'où résonne la vie au fil du linge pendu, découvrez ces églises aux intérieurs éclatants et ces palais fastueux cachés derrière de modestes façades défraichies. Naples se découvre sans précipitation, à l'image de son mode de vie. Il y a un temps pour tout, un temps pour tremper ses pieds sur le Lungomare, la balade du bord de mer, un temps pour s'élever au Castell Sant'Elmo pour s'ébahir devant une vue à 360 degrés de la baie de Naples. Un temps pour stopper le rythme effreiné de sa Vespa et apprécier une douceur chez le pâtissier Pintauro.

Naples est donc une question de temps. Si d'aventure vos pas vous y mènent, ouvrez votre coeur aux napolitains qui vous l'ouvriront. Appréciez les scènes de vie du quartier espagnol pour ramener un peu de tout cela chez vous. Appréhendez le goût des choses simples et primordiales. Là aussi, j'ose espérer que Naples se hissera au panthéon de vos destinations préférées.

Stendhal, fou amoureux de la ville de Naples, estimait qu’il fallait au moins avoir vu Naples une fois dans sa vie avant de mourir. La vie, la mort. Je propose dans un premier d'y prendre une simple leçon de vie.

Ci-dessous, quelques photos et impressions (cliquez à droite ou à gauche), et une vidéo pour ceux à qui les mots ne suffisent pas.

Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût
Naples - Le temps, la vie et le goût

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Rédigé par AdB

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Publié le 5 Février 2016

Des voyages en bulles - Mémoires d'un oublié
Des voyages en bulles - Mémoires d'un oublié

Paru en Mai 2015 chez Futuropolis, "Le tirailleur" est la réussite conjointe d'Alain Bujak au scénario et de Piero Macola au crayon.

Que connait-on de la vie de ce vieillard que l'on croise chaque jour, assis sur un banc, anonyme et perdu, loin de sa patrie ?

Comme pour briser cet anonymat et rendre hommage à ces inconnus, cette biographie dessinée nous emmène dans les souvenirs d'Abdesslem, de sa chambre exsangue dans un foyer aux champs de bataille du Mont Cassin et d'Indochine. Une vie passée au service de la France, celle d'un jeune berger devenu tirailleur, en passant par la case prisonnier de guerre. Un destin qu'a connu des centaines de milliers d'"indigènes" anonymes et qui reprend vit avec émotion dans cette centaine de pages.

Un autre regard sur notre histoire. Un autre regard sur le dévouement et le sacrifice. Un dernier regard sur une destinée à ne pas oublier.

Pour en garnir sa bibliothèque, c'est ici.

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Publié le 16 Novembre 2015

© Materz

© Materz

J'ai longtemps hésité à prendre la plume informatique et rédiger cet article. Un article parmi d'autres, des émotions parmi d'autres. Je me le suis moi-même dit. A quoi bon ? Submergé par un flot incessant de témoignages bouleversants et de vidéos choc que j'ai choisi d'éviter, j'ai tout de même décidé d'apporter ma modeste pierre à l'édifice de la réflexion sur ce qui s'est passé. Ecrire pour s'exprimer, lorsque les mots s'allongent mieux sur le papier (ou l'écran) que dans la discussion. Ces impressions et propos n'engagent que moi et ne toucheront que ceux qui le voudront.

J'ai choisi délibérément d'attendre qu'au minimum 48 heures passent. Pour m'éviter de tomber dans une réaction trop à chaud et pour me permettre d'avoir un minimum de recul sur cette énorme claque reçue, dont aujourd'hui je ressens encore la douleur. 48 heures passées à scrupuleusement choisir mes lectures, mes sources. 48 heures à volontairement éviter les portraits des victimes dont on étale les noms et les vies sur la toile. Non pas par irrespect pour eux, mais parce que c'est tout simplement insoutenable. Lâchement, je préfère que ces centaines de victimes restent sans nom pour moi, car le chiffre est à lui seul déjà insupportable. Je ne veux pas me perdre dans les méandres du voyeurisme macabre. Ils étaient des centaines de vies différentes et aujourd'hui sont tous un seul et même symbole.

Au moment où tout cela arrivait, vendredi soir, je me trouvais dans un bar avec ma moitié et deux amis français. Macabre coincidence, sans savoir ce qui se passait sur le pavé parisien, nous avons évoqué nos souvenirs du 11 septembre ou des attentats parisiens en 1995. "Où étiez-vous à ce moment là ?" se demandait-on. Dans 15 ans, lorsqu'autant d'années se seront écoulées que depuis 2001, je pourrai alors sans aucun doute me souvenir d'où j'étais, avec qui. Le genre d'instant qui marque à jamais, des secondes irréelles partagées avec des personnes qui garderont toujours ce souvenir commun avec vous.

Samedi j'étais groggy. Une impression irréelle. Et puis il y a eu ce recueillement avec quelques 1000 autres personnes devant l'ambassade de France à Berlin. Des gens comme vous et moi, le regard un peu perdu. Des larmes aussi et du silence. Les mêmes visages que ceux perdues dans les 10ème et 11ème arrondissements.

J'ai "une chance" dans ce malheur. N'ayant aucune famille dans la capitale, je n'ai que quelques amis dont me soucier. Je parle de chance car je n'ai pas vécu dans la même angoisse que mes proches originaire de la région et je pense à une personne en particulier, avec qui j'ai souffert d'inquiétude profonde. Mais peut-on parler de chance dans ces moments-là. Moi aussi en tant qu'être humain je suis frappé de plein fouet. Des jeunes gens qui auraient pu être vous, moi, un ami, une amie, un cousin, mon frère, une soeur, peu importe. Ces gens qui se sont écroulés n'ont rien demandé à personne et ne répondront plus à leurs proches pour leur dire "tout va bien". Tout cela m'a d'autant plus heurté que je me trouvais à Paris il y a une semaine à peine, profitant d'un doux soleil et déclarant une énième fois mon amour à cette ville unique. Croisant des milliers de parisiens pressés, anonymes, d'autres heureux et attablés gaiement à la terrasse des brasseries. Je pense à tous ces gens depuis vendredi soir.

Je suis né parisien, ai grandi parisien puis Marseille m'a accueilli à l'âge de 15 ans. J'ai une relation particulière avec Paris. Lorsqu'on me demande d'où je viens, je m'étends toujours en explications pour avouer ma double appartenance. Paris et Marseille, mes deux chez-moi. Une double identité qui a fait de moi ce que je suis. Et il y a une semaine en admirant les quais de Seine, je ressentais une nouvelle fois au fond de mon coeur ce sentiment "je suis ici chez moi".

Sacha Guitry a déclaré "Etre parisien, ce n'est pas être né à Paris, c'est y renaître." Une citation dont je saisis la pleine mesure. On peut critiquer Paris, dénigrer Paris pour je ne sais quelle raison, on est tous au minimum un petit peu parisien au fond de soi. En premier lieu parce que la notion de liberté y a vécu les heures les plus glorieuses de son histoire. Paris est un symbole que nous avons tous gravé en nous. Et si vendredi Paris s'écrivait en lettres de sang, Paris retrouvera encore et toujours ses lettres d'or. Comme le déclaraient deux jeunes femmes au Monde : "On en a vu d’autres, on va s’en remettre". C'est un des fondements même de Paris. Perpétuer la vie, dans une des villes qui symbolise le mieux tout ce que l'amour de la vie représente.

Paris ne sera jamais le cimetière qu'ils ont voulu créer vendredi. Car demain déjà on dansera et boira en l'honneur des disparus. Le meilleur hommage que l'on puisse rendre à ces jeunes personnes tombées pour la France, n'en déplaise à Etienne.

J'entends ici et là des polémiques comme toujours. Quelques minutes après le drame, les vautours de la politique étalaient déjà leur vomi sur Twitter. Mais plus personnellement, pourquoi souffrir dans ce cas présent alors que des milliers de personnes meurent chaque jour ? Pourquoi Paris et pas Beyrouth ?

Je suis d'accord sur ce dernier point. Beyrouth a vécu une belle injustice alors que quelques heures à peine avant Paris, plusieurs attentats secouaient la capitale libanaise. Je n'établis aucune hiérarchie de la souffrance et les pertes humaines me touchent toutes sans exception. Mais dans le cas de Paris, c'est le sociologue Gerôme Truc qui apporte l'explication la plus claire : "On confond souvent ce sentiment de proximité avec un sentiment de commune appartenance : on se sentirait tous concernés parce que ce sont des Français qui sont frappés, que cela arrive en France. Mais ce n’est pas aussi simple que cela. Ce que chacun d’entre nous ressent face à l’attaque entremêle différents sens du « nous » : certains se sentent concernés d’abord en tant que Parisiens, d’autres en tant qu’habitants des quartiers frappés, de même qu’après l’attentat contre Charlie Hebdo, en janvier, certains se sont d’abord sentis concernés en tant que journalistes, en France comme ailleurs dans le monde. Et pour ceux qui se sentent d’abord touchés en tant que Français, la sidération ne sera pas la même selon qu’ils connaissent des gens à Paris ou pas, si eux-mêmes s’y sont déjà rendus et connaissent les lieux frappés ou pas, etc. " Cela n'est donc pas de l'égoisme ou de l'égocentrisme français, juste une réaction humaine lorsqu'on est personnellement visé. Je ne connais malheureusement pas Beyrouth. Il n'y a aucune vie qui compte plus qu'une autre et aucun nombrilisme européen ou occidental ici. Je pleure cet homme autant que les fantômes du Bataclan.

Je concluerai cet article par une note d'optimisme pour l'avenir car il ne faut pas se laisser abattre. L'avenir proche nous dira ce qu'il en est mais chacun à notre niveau, apportons notre contribution à ce qui rend notre quotidien plus doux et vivable. Sortez, vivez, retrouvez vos amis et faites de la musique. Dites à ceux que vous aimez que vous les aimez et ne perdez pas de temps avec des futilités. A ceux qui enfin se laissent submerger par la tristesse au point de dire qu'ils ne veulent pas mettre d'enfant au monde dans un avenir sombre, je citerai mon ami Julien, écrivain de son état, qui a eu ces mots juste : "Pourquoi faire naître des enfants dans un monde pareil ? Parce qu'on aura besoin de gens bien. Vraiment. Et qu'il faut les former."

Alors les gens bien, montrez-vous, car l'humanité vous appartient. L'inhumanité est leur.

© Joann Sfar

© Joann Sfar

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Publié le 12 Novembre 2015

De mon récent passage à Paris, j'ai ramené dans ma valise "AIVALI - Une histoire entre Grèce et Turquie".

En prenant cet épais bouquin dans mes mains, je savais que tous les ingrédients que je chéris tant étaient réunis dans une seule et même oeuvre : voyage, histoire, méditerranée, drame, Grèce et Turquie... Sa lecture s'imposait à moi. Découvrir ce chapitre d'histoire méditerranéenne mal connu pour le moment me paraissait comme une évidence. Bien m'en a pris. Voici une pièce maîtresse pour tout passionné.

Aivali, petite localité turque proche d'Izmir et théatre de l'Histoire mouvementée des relations gréco-turques. A travers une galerie de personnages attachants et des souvenirs de ses grands-mères, le dessinateur grec Soloup nous refait vivre la douloureuse histoire des grecs d'Asie-Mineure et des turcs de Crète, sans parti pris. Des destins croisés et une Histoire commune longtemps difficile à assumer car tabou. Deux peuples que tout rapproche et que pourtant tout a longtemps opposé. Une plongée douloureuse dans ce que le drame humain déclenché par le traité de Lausanne de 1923 a pu infliger à des familles parfois voisines, amies et du jour au lendemain forcées à se quitter. Une oeuvre poétique sur le déracinement et une réflexion sur les origines réelles de ceux qui se proclament de tel ou tel lopin de terre.

Le dessin précis et la mise en page parfois sombre créé une ambiance conforme à ce que l'auteur veut nous faire vivre dans ces pages. Des histoires vraies dont il serait bien dommage de se priver. Le tout finit par une rencontre déterminante pour la bonne compréhension des relations entre ces deux peuples.

Pour vous le procurer, c'est ici.

Des voyages en bulles - Aivali, des larmes au son du Bouzouki

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Rédigé par AdB

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